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6 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
ne présente pas de véritable inconvénient, mais, pour les indications bibliographiques à mettre sur les catalogues, il est utile de savoir déterminer exacte- ment le formai d'un volume ; depuis quelques années, les papiers employés pour l'impression sont de dimensions si différentes, que les erreurs deviennent de plus en plus nombreuses.
On pourra, mais seulement dans le cas de l'imposition d'une feuille en un seul cahier, se rendre compte d'un format au moyen du tableau reproduit page 9; il suffira d'ouvrir un volume d'abord à la première page, portant la signature 1, et de rechercher ensuite la signature 2. Le chiffre de la page précédant cette signature n'aura plus besoin alors que d'être divisé par 2 pour trouver le format. Si donc par exemple, la page I portant l,i signature I, on trouve la signature 2 à la page 17, on divisera 16 par "-. ce qui indiquera un in-octavo.
La circulaire du 4 mai 1X78, de M. Bardoux, Minisire de l'instruction publique, à propos de V « In- struction générale au service des bibliothèques univer- sitaires ». précise les moyens de déterminer chaque format : en voici l'extrait qui est spécialement relatif à leur reconnaissant
« A l'époque où le papier était fabriqué selon des règles de dimension qui variaient peu, on reconnaissait le formai en comptant les pages de la feuille d'impres- sion* Les désignations d'in-folio, in-quarto, in-octavo représentaient alors une hauteur fixe. Il n'en est plus de même aujourd'hui que les feuilles d'impression sont «le dimensions très différentes, et que certains in-octavo deviennent plus grands qu'un in-folio du xvr siècle.
À UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 7
L'indication actuelle a donc perdu son ancienne signi- fication, car elle ne répond pas toujours à l'indication de la hauteur du livre ; elle doit être abandonnée pour les désignations suivantes, répondant mieux aux dimen- sions réelles : \° Grand format (comprenant tous les volumes dépassant 55 centimètres); 2° Moyen format (comprenant les volumes hauts de 25 à 55 centimètres) ; 5° Petit format (comprenant les volumes au-dessous de 25 centimètres).
« Formats inégaux. — Il peut arriver qu'un ouvrage de petit ou de moyen format soit accompagné d'un atlas grand format. En ce cas, l'inscription de l'atlas à l'inventaire sera jointe à celle de l'ouvrage, sans que l'on se préoccupe de la différence des formats. Mais si l'atlas ne peut être rangé sur le même rayon, on l'y remplacera par une planchette indicatrice portant au dos le numéro attribué à l'ouvrage et, sur une des faces, la désignation du lieu où cet atlas sera déposé. »
Les formats sont si nombreux, que leur ^diversité prête quelquefois à une hésitation facile à comprendre, d'autant qu'on se trouve souvent en présence de livres de dimensions semblables, mais en réalité de formats différents, et cela surtout depuis l'usage du papier mécanique. Que le livre soit imprimé à grandes marges OU à marges étroites, qu'il soit rogné, que son impo- sition soit déterminée par la dimension des papiers en usage el L'hésitation commence. On peut prendre un in-folio pour un in </>"<r/()yunin-douze pour un in-octavo, un in- dix -huit pour un in-douze et réciproquement. L'in-octavo en petil papier peut très bien se confondre
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CONNAISSANCES NECESSAIRES
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La circulaire du 4 mai 1878, de M. Bardoux, Ministre de l'instruction publique, à propos de 1' « In- struction générale au service des bibliothèques univer- sitaires », précise les moyens de déterminer chaque format ; en voici l'extrait qui est spécialement relatif à leur reconnaissance :
« A l'époque où le papier était fabriqué selon des règles de dimension qui variaient peu, on reconnaissait le formai en comptant les pages de la feuille d'impres- sion. Les désignations d'in-folio, in-quarto, in-octavo représentaient alors une hauteur fixe. Il n'en est plus de môme aujourd'hui que les IViiillcs d'impression sont <le dimensions 1res différentes, et que certains in-octavo deviennent plus grands qu'un in-folio du xvic siècle.
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L'indication actuelle a donc perdu son ancienne signi- fication, car elle ne répond pas toujours à l'indication de la hauteur du livre ; elle doit être abandonnée pour les désignations suivantes, répondant mieux aux dimen- sions réelles : 1° Grand format (comprenant tous les volumes dépassant 55 centimètres); 2° Moyen format (comprenant les volumes hauts de 25 à 55 centimètres) ; o° Petit format (comprenant les volumes au-dessous de 25 centimètres).
« Formats inégaux. — Il peut arriver qu'un ouvrage de petit ou de moyen format soit accompagné d'un atlas grand format. En ce cas, l'inscription de l'atlas à l'inventaire sera jointe à celle de l'ouvrage, sans que l'on se préoccupe de la différence des formats. Mais si l'atlas ne peut être rangé sur le même rayon, on l'y remplacera par une planchette indicatrice portant au dos le numéro attribué à l'ouvrage et, sur une des faces, la désignation du lieu où cet atlas sera déposé. »
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a un
Bibliophile
ACCOMPAGNÉES DE
Notes critiques et de Documents bibliographiques
RECUEILLIS ET PUBLIÉS par
EDOUARD ROUVEYRE
LIBRAIRE ET EDITEUR, OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
CINQUIEME EDITION ILLUSTRÉE DE NOMBREUSES FIGURES
TOME DEUXIÈME
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PARIS Edouard Rouveyre, Éditeur
A 76, RUE DE SEINE, 76
8 Ce volume contient : O
DU FORMAT DES LIVRES DU COLLATIONNEMENT DES LIVRES ABRÉVIATIONS USITÉES EN BIBLIOGRAPHIE — SIGNES DISTINCTIFS ôDES ANCIENNES ÉDITIONS DES SOUSCRIPTIONS ET DE LA DATE©
Connaissances Nécessaires
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Un Bibliophile **
EXEMPLAIRE IMPRIME SUR PAPIER VÉLIN TEINTÉ
Tous droits de reproduction et d* traduction réservés pour tous pays, mpris la Suéde et la Norvège.
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mile (réduit] de ta Bible de Mayence, (Édit. d« lani data et iana nom d'imprimeur mprimée par Gutenberg atec lea caractèrea fravés, frappés el fondus par lui,quiseu*ouventà l'état d'imperfeetion dans le Donat.
ru- l'ougrii di i.'imi'I'.imi .en . \ l'exemple des icanuscrits,
LES MARGES DES PAGES ET AI EN! DÉCORÉES v LA MMN
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EDOUARD ROUVEYRE
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CINQUIEME EDITION ILLUSTRÉE DE NOMBREUSES FIGURES
TOME DEUXIEME
PARIS Edouard Rouveyre, Éditeur
79, RUE DE SEINE, 76
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Notes critiques et de Documents bibliographiques
RECUEILLIS ET PUBLIÉS
par
EDOUARD ROUVEYRE
LIBRAIRE ET ÉDITEUR, OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
CINQUIEME EDITION ILLUSTRÉE DE NOMBREUSES FIGURES
DU FORMAT DES LIVRES
DU COLLATIONNEMENT DES LIVRES
ABRÉVIATIONS
USITÉES EN BIBLIOGRAPHIE
AINSI QUE DANS
LES MANUSCRITS ET LES IMPRIMÉS
SIGNES DISTINCTIFS DES ANCIENNES ÉDITIONS
DES SOUSCRIPTIONS ET DE LA DATE
PARIS Edouard Rouveyre, Éditeur
70, RUE DE SEINE, 76
Eig. 1 à 3. — Exemples de marques de papier (xve siècle) pouvant servir à déterminer le format des livres anciens.
DU FORMAT DES LIVRES ANCIENS ET MODERNES
LES LIVRES LES PLUS PETITS — LES LIVRES LES PLUS GRANDS
LES LIVRES IMPRIMÉS OU CALLIGRAPHIÉS
EN CARACTÈRES MICROSCOPIQUES
Définir et reconnaître le format d'un livre est sou- vent difficile, il faut examiner les lettres ou les chiffres placés dans la marge au bas de certaines pages, lettres et chiffres qui sont les jalons primordiaux de la définition du format; des experts dans la science du livre b'v sonl trompés, au point de créer des confusions bibliographiques*. A l'origine du livre, le format
David Clément déclare n'avoir jamais pu trouver, quelque soin qu'il ait pria de la chercher dans l<-s plus grandes biblio- thèques <-i même dans celles des pays étrangers, l'édition in 12, 1 an lelaio, I iomedia del Bruno Nolano achade*
■ 'ii Mull.i achademia, dette il fastidito : In i H titia Hit tri .
ii
2 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
bibliographique n'existait pas ; ce mot ne pouvait s'appliquer qu'à la dimension môme de la matière sur laquelle le scribe écrivait 'papyrus ou parchemin. Le papyrus ou le parchemin ne comprenait en effet qu'un seul feuillet qu'on remplissait au recto et au verso lorsqu'il s'agissait d'un codex, au recto seulement lorsqu'il s'agissait d'un volumen. Les feuilles du codex étaient ensuite réunies les unes aux autres et cousues, soit par un surjet, ce qui était le cas le plus habituel, soit sur une cordelette formant nerf*. Le volumen, au contraire, ainsi que nous l'avons mentionné dans
in Hilarilate tristis. Il conjecture, d'après le catalogue de Brochard, où elle est marquée in-s. et les Mémoires de Niceron, qui L'annoncent in-12, qu'elle doit être grand in-12, et que c'est le rapport de ce format avec l'in-N. qui aura occasionné cette confusion. Elle csl réellement petit in-12, et si le rédacteur du catalogue de Brochard s'y est trompé, c'est qu'il s'est borné à compter les signatures de la feuille a, qui n'a effectivement que huit feuillets, sans remarquer que la feuille /> n'en a que quatre, et qu'il en esl ainsi jusqu'à la lin.
* Un avantage de la forme des éditions dans l'antiquité, dit Géraud, dans son Essai sur le* livre* dams l'Antiquité, c'est qu'en tout état de choses l'auteur pouvait faire des corrections à son li\ re, et que ces corrections étaient à l'instant reportées sur tous les exemplaires <le l'ouvrage qui étaient encore en magasin. Cicéron, dans une de ses lettres, prie Atticus d'employer trois de Bes copistes à effacer un mol dans le plaidoyer pour Ligarius. Voici un autre passage non moins remarquable du même écri- vain : « Vous lisez mon traité, et je vous en suis bien reconnais- sant; je le serai encore davantage si, non seulement dans vos exemplaires, mais dans ceux des autres vous voulez remplacer le nom d'Eupolis par celui «l'Aristophane.... » On conçoit que de simples «once lions ne devaient offrir aucune difficulté, puis- qu'on avait, le moyen d'effacer la première écriture sur une feuille <ntière, et d'employer une seconde fois celte même feuille comme Bi elle n'eût jamais sen i.
s'il était toujours facile de corriger, au gré de l'auteur, tous les exemplaires de son livre qui restaient en magasin, il était bien difficile de faire participer à ces améliorations successives lee copies déjà vendues, surtout celles qui avaient été expédiées
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 3
le chapitre précédent, était souvent très long : formé de plusieurs bandes de papyrus collées les unes à la suite des [autres, il était fixé par les deux bouts sur des baguettes, umbilici, et roulé; au moyen âge, les bandes de parchemin étaient assemblées et cousues *.
Les pancartes que tiennent beaucoup de figures placées aux porches des églises gothiques et sur les- quelles sont inscrits des textes de l'Écriture sainte ou les noms des personnages, sont nommées rotulum. Un des plus curieux, cité par L.-J. Guenebault, est celui qui est gravé dans le Chronicon Godwicence, in-folio**.
L'emploi du papier amena la création du format ; et. par le fait qu'une feuille de papier étant pliée dans son milieu et assemblée aux autres, le format bibliogra-
au loin. Il y avait donc une certaine diversité entre les différents exemplaires d'une même édition, et c'est dans cette diversité qu'ont pris naissance les variantes recueillies, par les érudits des temps modernes, dans les anciens manuscrits qui nous restent d'un même ouvrage.
* Le Pentnteurhv.s hebraicè sine pwintis, litteris quadratis longé elegantisrimië exaratu.s in corio oriental!, qui faisait partie de la collection la Serna de Bruxelles, était écrit sur cinquante-sept peaux cousues ensemble avec des filets de la même matière, formant une totalité de trente-sept mètres.
Le mortuaire de Saint- Bénigne de Dijon, manuscrit
in-plano anopisthographe, esl composé do wj<) feuilles de par- chemin ajoutées les unes aux autres, formant un ensemble de x m. 1<) de longueur Bibliothèque de la ville de Troyes).
Ce magnifique rouleau mortuaire .1 été étudié par M.d'Arbois
■ ]'• Jubainville, archiviste de l'Aube, dans la Bibliothèque de
■■ de* i harte$} quatrième série, t. m. et dans le Portefeuille
archéologique de la Champagne, chap. III. Il a été analysé el
publié «-n partie par M. Delisle [Rouleaux de» morts, 1866).
" Durand, dans son livre Rationale Divinor officiorum, dit ;'i ce sujet que ce qui distingue les Qgures de patriarches et de pro- phète Iles des apôtres sur les monuments chrétiens, c'esl que i<-~ premiers tiennent 'le- livres fermés \volumina,quia anU 1 ,!>>,,, doctrina illiui sit obêcura), tandis que les nds tiennent des livres ouverts, rotula <<j"in tune explicata
k CONNAISSANCES NECESSAIRES
phique élaif frouvé. Le bipatens pugillar* et le polyp- tyque, dont on se servait anciennement, désignaient des formais de recueils spéciaux.
La définition du mot format n'a pas été donnée jus- qu'ici d'une manière satisfaisante, ce mot ne s'explique pas par lui-même : format, de formatus (qui est formé o Littré »). C'est par une périphrase seulement que sa définition, si toutefois elle est possible, peut se donner: bien des bibliographes l'ont tenté, mais ou l'explication de ce terme n'est pas suffisante, n'est qu'approximative, ou elle est confuse et manque de netteté. En résumé , le format bibliographique, condition première d'un livre, comprend la dimension de la feuille de papier imprimée, après qu'elle a été
et païens doctnna). Paciaudi qui cite ee passage, trouve que Durand se trompe el rapporte on preuve des monuments qui confirment ce qu'il aVance, Antiquitates ehristianss sive de cultu Joannis Baptistse, p. 250. Ers ligures qui tiennent le volumen déroule, disent quelques ailleurs, représentent des fondateurs. Sur la distinction à établir entre le volumen et le rotulum, voir Pabricius, Biblîotheca antiquaria, verbo Volume.)}.
* Suivant les Lexicographes, ]e livre à deux feuillets est appelé bipatens pugillar. Voir le Dictionnaire étymologique de Calepinus qui cite un vers d'Ausone, où sont les mots Bipatens pugillar.
Dans l'origine, suivant l'explication qui en a été donnée par A. Tardieu [Atherueum français, 1853), un polyptyque était une feuille pliée plusieurs fois sur elle-même; un peu plus tard, ce nom fut donné à des livres carrés composés d'un nombre indé- fini de feuille- Les livres du cadastre, les registres du fisc, bous les empereurs romains, étaient des polyptyques. Ils devin- rent bientôt pour les contribuables le livre, le polyptyque par excellence, el ce nom leur fût réservé exclusivement. La partie i Bsentielle du polyptyque, c'était la description, l'état des biens imposables; dé là. par une transition naturelle, le sens que le moyen Age donnait à ce mot et que l'érudition moderne lui conserve, esl celui d'inventaire des biens possédés par une église ou une abbaye.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 5
pliée selon le nombre de pages qu'elle renferme; c'est la résultante du nombre de feuillets que forme chaque feuille imprimée et pliée, quelle que soit d'ailleurs la dimension du papier*; le format tire donc son nom du nombre de feuillets, c'est-à-dire de la moitié du nombre de pages que la feuille renferme.
Il suffit donc, pour reconnaître le format d'un livre, dont les feuilles ont été imposées en un seul cahier, de prendre le nombre de pages que contient chaque feuille et de diviser ce nombre par 2, la dénomination du format ne dépendant en aucune façon de la grandeur dû papier employé. (Voir les tableaux pages 56 et 57**.)
Nous donnons, page 9, un tableau indiquant la pagination, par feuille, des formats les plus usités***.
Au point de vue de l'arrangement des volumes sur es rayons d'une bibliothèque, la confusion des formats
* Le format commercial se rapporte à la dimension de la feuille de papier non pliée, telle qu'elle sort de la forme. De nos jours, ce format est absolument factice, bien que dans le commerce de papeterie les principaux noms lui soient restés. Ainsi l'on dit : urand-monde et grand-aigle, pour les grandes feuilles: raisin, jésus et colombier, pour les feuilles moyennes; écu, carré, etc., pour les feuilles de dimension moindre.
** L'étude de ces tableaux est d'une utilité indiscutable. En prenant connue exemple le présent volume, dont chaque feuille a été divisée en deux cahiers el dont les signatures ne sont mises que comme indication pour le collationnement, on serait très embarrassé pour en désigner exactement le format. En le mesurant, on trouvera qu'il porte 14x22,5, et en s'en référant .-lux tableaux des pages 56 et 57, on trouvera que cette mesure indique un in-*' carré.
*** Cf. Jules Coi siw. De Inorganisation et de l'administration
• ibtiothèques publiques et privées. Manuel théorique et pratique
du bibliothécaire. Paris, 1882, in-8. — Bibliographie et Bibliothéco-
notnie De >■ îcation des bibliothèques Paris, 1884, in-8. —
tetion et de l'installation des bibliothèques universi
. Paris, 1880 in-8.
CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
phique était trouvé. Le bipatens pugillar* et le polyp- tyque, dont on se servait anciennement, désignaient des formats de recueils spéciaux.
La définition du mot format n'a pas été donnée jus- qu'ici d'une manière satisfaisante, ce mot ne s'explique pas par lui-même : format, de formatus (qui est formé « Littré »). C'est par une périphrase seulement que sa définition, si toutefois elle est possible, peut se donner: bien des bibliographes l'ont tenté, mais ou l'explication de ce terme n'est pas suffisante, n'est qu'approximative, ou elle est confuse et manque de netteté. En résumé , le format bibliographique, condition première d'un livre, comprend la dimension de la feuille de papier imprimée, après qu'elle a été
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et patens doctrina). Paciaudi qui cite ce passage, trouve que Durand se I rompe el rapporte en preuve des monuments qui confirment ce qu'il avance. Antiquitates christianae sive de cultu Joannis Baptiste, p. v2'>0. Les figures qui tiennent le volumen déroulé, disent quelques auteurs, représentent des fondateurs. Sur la distinction à établir entre le volumen et le rotulum, voir Fabricius, Bibliotheca antiquaria, verbo Volumen.
* Suivant les lexicographes, le livre à deux feuillets est appelé bipatens pugillar. Voir le Dictionnaire étymologique de Calepinus qui cite un vers d'Ausone, où sont les mots Bipatens pugillar.
Dans l'origine, suivant l'explication qui en a été donnée par A. Tardieu [Athenseum français, 1853), un polyptyque était une feuille pliée plusieurs fois sur elle-même: un peu plus tard, ce nom fut donné ;i des livres carrés composés d'un nombre indé- fini de feuilles. Les livres du cadastre, les registres du fisc, smus les empereurs romains, étaient des polyptyques. Ils devin- rent bientôt pour les contribuables le livre, le polyptyque par excellence, et ce nom leur fut réservé exclusivement. La partie « ssentielle du polyptyque, c'était la description, l'état des biens imposables; de là, par une transition naturelle, le sens que le moyen âge donnait à ce mot et que l'érudition moderne lui conserve, esl celui d'inventaire des biens possédés par une église ou une abbaye.
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A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 5
pliée selon le nombre de pages qu'elle renferme; c'est la résultante du nombre de feuillets que forme chaque feuille imprimée et pliée, quelle que soit d'ailleurs la dimension du papier*; le format tire donc son nom du nombre de feuillets, c'est-à-dire de la moitié du nombre de pages que la feuille renferme.
Il suffit donc, pour reconnaître le format d'un livre, dont les feuilles ont été imposées en un seul cahier, de prendre le nombre de pages que contient chaque feuille et de diviser ce nombre par 2, la dénomination du format ne dépendant en aucune façon de la grandeur dû papier employé. (Voir les tableaux pages 56 et 57**.)
Nous donnons, page 9, un tableau indiquant la pagination, par feuille, des formats les plus usités***.
Au point de vue de l'arrangement des volumes sur es rayons d'une bibliothèque, la confusion des formats
* Le format commercial se rapporte à la dimension de la feuille de papier non pliée, telle qu'elle sort de la forme. De nos jours, ce format est absolument factice, bien que dans le commerce de papeterie les principaux noms lui soient restés. Ainsi l'on dit : grand-monde et grand-aigle, pour les grandes feuilles: raisin, jésus et colombier, pour les feuilles moyennes; écu, carré, etc., pour les feuilles de dimension moindre.
** L'étude de ces tableaux est d'une utilité indiscutable. En prônant comme exemple le présent volume, dont cliaque feuille a été divisée en deux cahiers et dont les signatures ne sont mises que comme indication pour le collationnement, on serait très embarrassé pour en désigner exactement le format. En le mesurant, on trouvera qu'il porte lix22;5; et en s'en référant aux tableaux des pages 56 et 57, on trouvera que cette mesure indique un in-8" carré.
*** Cf. JULES Coi SIM. De l'organisation et de V administration
| ibliothèques pubhqueê et privées. Manuel théorique et pratique
du bibliothécaire. Paris. lxxi2, in-X. — Bibliographie et Bibliothéco-
nomie De la claseiflcation des bibliothèque* Paris, 18Si, in-S. —
iction et de VimtaUation des bibliothèques univerei-
. Paris, 1886 m-x.
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6 CONNAISSANCES NECESSAIRES
ne présente pas de véritable inconvénient, mais, pour les indications bibliographiques à mettre sur les catalogues, il est utile de savoir déterminer exacte- ment le format d'un volume ; depuis quelques années, les papiers employés pour l'impression sont de dimensions si différentes, que les erreurs deviennent de plus en plus nombreuses.
On pourra, mais seulement dans le cas de l'imposition d'une feuille en un seul cahier, se rendre compte d'un format au moyen du tableau reproduit page 9; il suffira d'ouvrir un volume d'abord à la première page, portant la signature 1, et de rechercher ensuite la signature 2. Le chiffre de la page précédant cette signature n'aura plus besoin alors que d'être divisé par 2 pour trouver le format. Si donc, par exemple, la page 1 portant la signature 1, on trouve la signature 2 à la page 17, on divisera 16 par 2, ce qui indiquera un in-octavo.
La circulaire du i mai 1878, de M. Bardoux, Ministre de l'instruction publique, à propos de 1' « In- struction générale au service des bibliothèques univer- sitaires », précise les moyens de déterminer chaque format; en voici l'extrait qui est spécialement relatif i\ leur reconnaissance :
« A 1 époque où le papier était fabriqué selon des règles de dimension qui variaient peu, on reconnaissait le format en comptant les pages de la feuille d'impres- sion. Les désignations d'in-folio, in-quarto, in-octavo représentaient alors une hauteur fixe. Il n'en est plus de même aujourd'hui que les feuilles d'impression sont de dimensions très différentes, et que certains in-octavo deviennent plus grands qu'un in-folio du xvie siècle.
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 7
L'indication actuelle a donc perdu son ancienne signi- fication, car elle ne répond pas toujours à l'indication de la hauteur du livre ; elle doit être abandonnée pour les désignations suivantes, répondant mieux aux dimen- sions réelles : 1° Grand format (comprenant tous les volumes dépassant 55 centimètres); 2° Moyen format (comprenant les volumes hauts de 25 à 55 centimètres) ; 5° Petit format (comprenant les volumes au-dessous de 25 centimètres).
« Formais inégaux. — Il peut arriver qu'un ouvrage de petit ou de moyen format soit accompagné d'un atlas grand format. En ce cas, l'inscription de l'atlas à l'inventaire sera jointe à celle de l'ouvrage, sans que l'on se préoccupe de la différence des formats. Mais si l'atlas ne peut être rangé sur le même rayon, on l'y remplacera par une planchette indicatrice portant au dos le numéro attribué à l'ouvrage et, sur une des faces, la désignation du lieu où cet atlas sera déposé. »
Les formats sont si nombreux, que leur [diversité prête quelquefois à une hésitation facile à comprendre, d'autant qu'on se trouve souvent en présence de livres de d ons semblables, mais en réalité de formats
différents, et cela surtout depuis l'usage du papier mécanique. Que le livre soit Imprimé à grandes marges ou <i marges étroites, qu'il soit rogné, que son impo- sition Boil déterminée par la dimension des papiers en i l'hésitation commence. On peut prendre un m-folio pour un in quarto, un in-douzê pour un in-octavo, un in-dix-huit pour un in-douze ei réciproquement. L'in-octavo en petil papier peul in- l.i.n -.• confondra
8 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
avec l'in-douze lorsqu'ils sont posés l'un à côté de l'autre, et ainsi de suite. Naturellement, ces confusions ne gênent en rien pour la disposition des livres sur les tablettes ; mais, nous le répétons, il résulterait des erreurs bibliographiques si, sur un catalogue, on dési- gnait un in-folio pour un in-quarto, un petit in-octavo pour un in-douze : on créerait ainsi des éditions qui n'ont jamais existé.
En ce qui concerne les formats des livres à l'étran- ger, voici les renseignements qui nous sont fournis par M. Arnim Graesel dans son Manuel de BibliotJiéco- nomie que nous avons cité dans le chapitre premier.
« Toutefois, les différents pays n'ont pu encore arriver à s'entendre, ce qui serait pourtant très désirable, sur les mesures conventionnelles à adopter. En Angleterre et en Amérique, le soin de discuter cette question a été laissé à l'association des bibliothécaires, qui a été, en outre, chargée de dresser la marche à suivre pour la confection des catalogues. En Allemagne, le problème n'est pas encore résolu partout. Certaines bibliothèques ont adopté, comme hauteurs maxima, 25 centimètres pour les in-8n et 35 centimètres pour les in-i°. Pour les ouvrages reliés, on a, dans tous les pays, pris l'habi- tude de mesurer la hauteur de la reliure en partant de cette idée que la perle de hauteur subie par le livre, du fait de la rognure, se trouvait ainsi compensée.
« La question du format n'est pas encore résolue en ce qui concerne les bibliothèques prussiennes.
« Voici, en effet, ce que dit le paragraphe 1) de V Instruc- tion fwr 'lie Herstellung der Zetlel des alphabetischen Kataloges : « Le format sera déterminé par la hauteur
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A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. lï
de la reliure et sur les bases suivantes : jusqu'à 25 cen timètres, in-8°; de 25 à 55, in-4°, de 55 à 45, in-f°; au dessus de 45, gr. in-f°. S'il arrive que la hauteur soit de dimensions inférieures à la largeur, on se servira alors de cette dernière pour déterminer le format, en em- ployant la notation suivante : in-8° transversal, in-4° transversal, etc.. etc. — Pour les formats de dimen- sions exceptionnelles, on indiquera d'une façon exacte la hauteur et la largeur du volume *.
« La « Library Association of the United Kingdom » a adopté, pour les formats, les mesures ci-dessous**. Grand in-f° au-dessus de 18 pouces anglais = 46 cm. In-f°
Petit in-f° Grand in-4° In-4°
Petit in-4° Grand in- 8° In-8°
Petit in-8° In-lJ In-18 Formats nai
« Le Bollettino délia Biblioteca Nazionale Central'' di Fin rue a adopté les mesures suivantes : In-f hauteur supérieure à 38 cm.
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. Ai:\i\! Ghaebel. Manuel de Bibliothéconomie. Traduction de Jules Laude, bibliothécaire universitaire. Paris, il. Welter, lire-éditeur, 1897, in-8°.
■ i n 1717. Cf. Size-notation al the Bodleian ■
l ( hronû le, vol. I, 1884, |». 191-103.
12 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
In-8° hauteur de 20 à 28 cm.
In-16 r, » 16 à 20 »
In-24 »> » 10 à 15 »
In-32 » au-dessous de 10 »
« En Amérique, différents bibliographes, et entre autres Jewett, avaient, il y a longtemps déjà, proposé de mesurer les livres. Sur un rapport d'Evans, « The sizes of printed books * », qui recommandait ce sys- tème, le congrès des bibliothécaires américains, réuni à Philadelphie, émit un avis favorable et nomma une commission chargée spécialement d'examiner la ques- tion**. Voici quelles furent les mesures adoptées sur la proposition de cette commission :
In-f" en abrégé F. au-dessus de 50 cm.
In-'r » Q. au-dessous de 50 »
In-K" » O. » 25 »
In-12 » D. » 20 »
In-16 » S. » de 17 1/2 cm.
( Twenty-fourmo)
In-24 » T. » 15 »
(Thniij-tinomo)
In-32 » Tt. » 12 1/2 »
{inrty-cigtlimo)
In-48 » Fe. » 10
Étroit (narrow) » nar. Lorg. infér. aux 5/5 de la haut.
Carré (square) » sq. Larg. infér. aux 5/1 de la haut.
Oblong » obi. Larg. infér. sup. à la hauteur.
« A propos du rapport d'Evans que nous avons cité, Poole appelle l'attention des bibliographes sur les
* Library Journal, vol. I. 1877, p. 58-61.
cf. Library Journal, vol. I. 1877, p. 106-109, L39, 174,178-181, 1S"». J2-2. 267, 365, "77: \ol. II. p. 57; III, p. 19. Consulter aussi
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 13
multiples difficultés qui peuvent se présenter au sujet du mesurage des livres : « If we adopt the measurcment, shall we measure the text, the paper, or the binding? The measure of the text would best meet the require- ments of bibliography : the measure of the paper would give the best description of the individual copy catalogued, and the measure of the covers would be the most expéditions and summary mode of treating the subject. The measure of the paper, howewer, and of the cover, is often determined by the stupidity of a misérable bookbinder, whose chief ambition seems to be to fill his bin with shavings. My instructions to binders are not to eut books at ail, unless they hâve spécial directions; and in re-binding never. The whole subject of adopting a new mode of designating size is not without its difficulties. » Le meilleur moyen est de mesurer la reliure, à condition naturellement que celle-ci soit bien faite, condition facile à obtenir si le relieur suit strictement les instructions qui lui sont données et évite de rogner par trop le livre, en veillant, au contraire, à ce qu'une fois relié le volume ait les mômes dimensions que broché.
« La Conférence du livre, tenue à Anvers en août 1890, a émis le vœu que l'on adoptât, dans tous les pays, un système unique pour la désignation des formats*.
L'article publié par Arthur W. Ilutton, dans The Library, vol. II, 1890, p. IXtMX?, sous le titre de « A
.1. 1;. Ili ling « The Bizes of printed books ■ Library Journal^ vol. I, 160, .- 1 ■ r i — î que <;<•<» rge Wasson Cole, « A quicker method <>r measuring books « Jbid.^ \<>l. XII, p. 345-349.
■ \'.m le rapport qui ;i paru dans la Revue det Bibliothèque* aoné< i 1891.
14 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
new size notation for modem books », mérite d'être rappelé. Partant de ce point de vue que tout lecteur d'une Free Public Library peut avoir besoin de con- naître approximativement le format d'un ouvrage, Hutton propose de diviser tous les livres en quatre formats, représentés par les quatre lettres majuscules A. B. C. D. « H is worth the readers' while, dit-il, to know if the book is quite a small one, such as can easily be slipped inlo the pocket, a book that some American librarians would class as minimo. And at the other end of the scale it is worth his while to know that the book is too big to hold in the hand — that a desk or table will be needed when he reads it. Between thèse two extrêmes the great majority of modem books will be found to lie; and it is important again to dis- tinguish thèse inlo two classes, which I may designate the handy volume and llic standard library volume respectively. We bave now the four classes which I propose to mark A. B. C. and D, and which a simple and easily remembered inch scale, will readily distin- guish. » Comparé aux systèmes de mesures extrême- ment compliqués que nous avons indiqués plus haut, celui-ci a du moins l'avantage de la simplicité*.
L'obligation où se trouve souvent l'éditeur de faire imposer et tirer par demi ou tiers de feuille, amène une nouvelle confusion; les signatures ne tombent plus
* Cf. •• Report on size notation » The Library, vol. [V. 1802, p. 147-151. — Y. Moi: m i. Le ]>;i]>ior ». Revue des Bibliothèques, I, 1891, p. 195 i*<»7 . — Ch. el V. Mortet, - Le formai des livres », ibid., III, 1895, ]». -~o;>-~'jr>, et Edouard Rouveyre, dans son ouvrage déjà cité, Connaissances nécessaires à un bibliophile, •if éd.. 1883, p. 37-54 Vote de M. Aman Gracscl).
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 15
régulièrement aux pages voulues*. On trouve une signature à chaque demi-feuille; ainsi l'in-octavo ** sera signé 2 à la page 9 au lieu de la page 17; l'in-douze, 2 à la page 15 au lieu de la page 25 et ainsi de suite. Pour les tiers de feuilles au contraire, le gros cahier sera signé et le petit cahier portera la même signature, mais ponctuée; dans l'in-douze, par exemple, la signa- ture 2 se trouvera à la feuille 25, mais à la page 29 on retrouvera le chiffre 2 ponctué.
Les petits formats offrent bien souvent des doutes, surtout en ce qui concerne les livres modernes imprimés sur papier mécanique , vélin ou vergé artificiel ; on doit s'en référer aux divers cahiers qui composent le livre. S'ils sont d'épaisseur uniforme, d'un nombre de
* Le « Joannis Mauri Constantiani in Chiliades Adagiorum. D. Erasmi Rot. familiaris et mire compendiosa Exposilio, cum indicatione figurarum Prouerbialium in unumquemque Adagio- rem (sic). Hoc opus Prouerbiorum in Epitomen sine compen- dium (ut vides) redactum, multis Adagiorum centurijs editioni Anni m.d.xxvj. ab Erasmo additis auctum Lector inter legendum deprehendet. Vénale prnstat floridum hoc Adagiorum Enchi- ridion Bionsalbani, in xdibiu M. Gilberti Grosseti, et Tolosse in I itonij Maurin (sic) cum privilegio », s. d. (1526), in-8,goth., imprimé par demi-feuilles, et chaque cahier est de iv iî.
** Lui-* a, comme la plupart des autres formats, diverses dénominations qui proviennent de la grandeur du papier cm- ployé par l'imprimeur, llenesl de même pour le format oblong, qui désigne le volume dont la largeur est moindre que la hauteur. L'indication du Format, si Fou n'y ajoute p;is le nom du papier, esl presque toujours insuffisante; car il est évident qu'il doit y avoir dea différences sensibles, par exemple entre l'in-N* carré, Pin-8* raisin et Tin-s- jésus; d'autant plus que des formats de noms divers 8e ressemblent, selon les papiers qui ont été employés '■ ainsi l'in-12 carré ;i beaucoup d'analogie rin- 18 jésus; l'in-18 carré diffère peu le L'in-32 jésus. L'im- primeur a conservé l'usage de désigner les papiers par des nom- conventionnels qui -<• multiplient. Nous donnerons, par la suite, la nomenclature des plus usités
16 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
feuillets égal, il n'y a aucune présomption à prendre. Comme point de départ, le chiffre L2 s'il n'est pas ponctué, si les cahiers sont d'inégale épaisseur, se trouvera au bas du 3 ou Ie cahier, parce que l'impression aura été faite par demi ou tiers de feuille.
Les premiers livres, ont écrit MM. E. Midoux et A. Matlon dans leur excellent travail*, furent imprimés sur des papiers collés; ce qui permit aux miniaturistes et aux calligraphies d'y travailler et de les faire ressem- bler à des manuscrits. Ce moyen de transition, trouvé pour occuper des talents que la gravure et l'imprimerie unies allaient mettre sans emploi, donnait aux premiers produits de cet art l'aspect d'oeuvres délicates et originales, auxquelles les yeux étaient accoutumés. Au moyen âge, tout ce qu'on fait va au delà de l'utile : chaque corporation a ses chefs-d'œuvre : l'art est par- tout; les papes et les rois s'en servent pour instruire et gouverner les peuples.
Pour reconnaître le format des livres anciens imprimés sur papier vergé, on devra recourir à la disposition verticale ou horizontale des pontuseaux et des ver- geures; quant aux éditions tirées sur papier vélin, les
* Cf. E. Midoux h A. Matton. — Étude sur les filigranes de papiers. Paris, Dumoulin et Claudin, l^is, in-8. — Les calli- graphes ne trouvanl pas dans !<■ papier La douceur du vélin, pour y développer avec netteté les finesses de leurs traits de plume. B'imaginèrent de poncer et de polir ;i la sandaraque, ir- parties à écrire, en laissant aux marges leur intégrité. Quelques manuscrits de nos bibliothèques en offrent la preuve ; - sonl d'une conservation parfaite. La résine les a préservés de la piqûre des insectes.
<mi remarque, ;'i la bibliothèque de Soissons, sept manuscrits en papier du w Biècle, traitant du. droit civil et canonique, des sciences naturelles, de philosophie et de théologie.
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A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 19
registres, les réclames ainsi que les signatures devront être examinés et confrontés très soigneusement, le doute cessera après un examen attentif.
Les pontuseaux sont des raies transparentes qui tra- versent entièrement le papier dans la distance de 12 à 15 lignes, ou de 20 à 25 traits selon la grandeur de la feuille; elles coupent, à angle droit, d'autres raies extrêmement rapprochées et moins sensibles que l'on
Fig. •). — Châssis filigrane, montrant les pontuseaux et les vergeures.
nomme vergeures. Ces raies sont produites par le contact de la pâte à papier sur les baguettes ou fils qui Ira versent ou coupent le châssis filigrane, de façon à retenir la pâte nécessaire à la formation de la feuille, en ne laissant échapper que l'eau superflue ou la pâte qui ii'n pas la consistance voulue.
Il y a <jii<-1<jiics ('dilions du XV* siècle dans lesquelles on D'aperçoit aucune trace de pontuseaux*, le papier
' Au nombre des livres du \\ Biècle ayant du papier sans pon-
iux nous citerons ; Pompeitu Festut de verbovum signifteatione,
Milan, Ant. Zarot, 1471, m-'»; l<- Juvenat el Perse, de Milan,
20 CONNAISSANCES NECESSAIRES
ressemble presque à du papier vélin, dans d'autres on y découvre des vergeures qui peuvent servir à faire reconnaître le format.
Le meilleur moyen pour reconnaître le format avec ce papier consiste à chercher la marque de fabrique ou marque d'eau* qui est toujours debout dans le sens des pontuseaux : si cette marque, qui apparaît distincte et claire en regardant la feuille de papier par transparence, se trouve au milieu du feuillet, le volume est in-folio, si elle est au fond du feuillet, le volume est in-quarto, si elle est en haut du feuillet, le volume est in-octavo.
Nous allons exposer une table des dénominations de formats pour faire connaître comment la feuille est pliée dans chaque format, combien elle contient de pages, comment sont disposés les pontuseaux des différents formats, depuis l'in-folio jusqu'à l'in-cent-vingt-huit, la manière de les faire connaître, surtout en ce qui
Antoine Zarot, 1479, in-4; la Vita del Padre san Francesco, per Bonaventura Cardinale, Milan, Zarot, 1477, in4, et le Quint'- Curce, Milan, Zarot, de 1481, in-4. On regarde tous ces ouvrages comme in-i. et non comme in-folio, parce que les vergeures en Bena contraire aux pontuseaux invisibles dans le papier, y sont perpendiculaires. La Cosmographie de Pomponius Mêla, Milan, Zarot, est in-8 et non in-4, parce que les vergeures se présen- tent horizontalement
* Ces marques d'eau, dont nous parlerons plus longuement au Chapitre nem ièine : Dus Pai'Ikks, et dont nous donnerons de plus DOmbreuses reproductions que celles figurées sur la planche ci-contre, --ont quelquefois indispensables pour distinguer deux éditions d'un même ouvrage. La Bibliothèque nationale possède deux exemplaires du précieux monument xylographique : Exerci- lium super Pater Notter, in-fol. Ces deux exemplaires, qui ne sont pas de la même édition, se distinguent, entre autres remarques, à la wiarque d'au : celle du papier de la première édition est l'arbalète dans un cercle et celle de la seconde est une ancre.
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TABLEAU RÉSUMANT LES INDICATIONS CONNËES POUR LA RECONNAISSANCE DU FORMAT DES LIVRES ANCIENS.
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en 32 |
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En haut du |
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fond. |
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|
(a) La |
feuille est coupée en trois: il y a donc 3 réclames et 3 signa- |
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signatures comme pour rin-8°. |
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pour les petits formats, où la feuille est souvent partagée en |
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|
cahiers, |
on voit que la 1' réclame se trouve à la page dont le numéro |
|||||||
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e le nombre do pages que contient la feuille; les autres réclames |
|||||||
|
se trouve |
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|||||||
|
La |
I signature esl toujours à la page l; les autres signatures une |
|||||||
|
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9 loin que les réclames : - i! résulte de cette remarque une règle |
|||||||
|
très simj |
>le pour la détermination des formats. |
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 23
concerne les volumes publiés depuis l'origine de l'imprimerie jusqu'à la fin du xvme siècle.
L'in-folio a la feuille pliée en 2, contient 4 pages, et ses pontuseaux sont perpendiculaires | .
L'in-4° a la feuille pliée en 4, contient 8 pages, et ses pontuseaux sont horizontaux — .
L'in-8° a la feuille pliée en 8, contient 16 pages, et ses pontuseaux sont perpendiculaires* | .
L'in-12 a la feuille pliée en 12, contient 24 pages, et ses pontuseaux sont horizontaux — .
'L"in-16 a la feuille pliée en 16, contient 32 pages, et ses pontuseaux sont horizontaux — .
L'in-18 a la feuille pliée en 18, contient 56 pages, et ses pontuseaux sont perpendiculaires | .
L'in-24 a la feuille pliée en 24, contient 48 pages, et ses
* Dans la première période de l'imprimerie, les livres étaient de format in-folio afin de mieux imiter les dimensions des manuscrits qu'on reproduisait par l'impression; puis, vers la fin du w Biëcle, «>n imprimait en in-4° et en in-8°. Mais c'est Aide Manace l'Ancien qui répandit complètement l'in-80. La plupart des ou n 1 1- de ses presses sont de ce format. Les Elze-
vier publièrent, dans le courant du xvn siècle leurs charmantes ectiona qui mirent en vo^ue les formats in-seize et in-vingt- \u wiii Biècle, 1 in-douxe était fort commun. Les formats employés 1<" plus couramment de nos jours sont au nombre de huit. L'in-plano pour les cartes et |>lans (il ne renferme bien entendu qu'une seule feuille qui peut être imprimée au recto et au rerso . l'in-folio, lin-», l'in-8», l'in-12, l'in-H>, l'in-18, L'in-32. Tout
emment, un éditeur a tenté uv, remettre a la mode les livres de formai microscopique, qui sont en în-64 on en in-128. L'in- folio <--\ à i>''n près abondonné, Bi ce n'est pour le- atlas et quelques publications officielles. On n'imprime guère en in * que
- dictionnaires, des recueils scientifiques el autres ouvraj <pn ne -ont consultés que dans des bibliothèques.
Quelques éditeurs onl imaginé de faire tirer le même ou'. ir deux formats, m 8» et in-18; dans ce cas, l'in-18
a peu de marges. Le format qui convient le mieui pour les romani i i sus.
24 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
pontuscaux sont perpendiculaires ou horizontaux * | — .
L'in-32 a la feuille pliée en 32, contient G4 pages, et ses pontuseaux sont perpendiculaires | .
L'in-56 a la feuille pliée en 56, contient 7C2 pages, et ses pontuseaux sont horizontaux — .
L'in-48 a la feuille pliée en 48, contient 90 pages, et ses pontuseaux sont horizontaux — .
L'in-64 a la feuille pliée en G4, contient 128 pages, et ses pontuseaux sont horizontaux — .
L'in-72 a la feuille pliée en 72, contient 144 pages, et ses pontuseaux sont perpendiculaires | .
L'in-96 a la feuille pliée en 96, contient 192 pages, et ses pontuseaux sont perpendiculaires | .
L'in-128 a la feuille pliée en 128, contient 25G pages, et ses pontuseaux sont perpendiculaires** | .
On voit par ce qui précède quelles sont les diffé- rentes sortes de formats : huit ont les pontuseaux perpendiculaires et sept les ont horizontaux; on voit aussi le nombre de pages contenues à la feuille dans chaque format; alors, à l'inspection des signatures, il sera facile de reconnaître toute espèce de format.
« Les chiffres, dit H. Fournier dans son Traité de
* Comme l'in-2 î- est quelquefois incertain, il faut, pour con- naître au juste sa dénomination, ouvrir le livre entre les pages 18 el 4i>: si la réclame Be trouve au bas de la page 48, et la signature au bas de la page W, alors le format est in-2i; mais si la réclame est au bas de la page 64, et la signature au bas de la page 65, le tonnai est \n-~rl.
** Le format in-l'2.s étail appelé pouce, on l'employait jadis pour de très petites Heures ou de très petits almanachs. Le volume : Exercice du Chrétien, Paris, Carouge, 17.17, format in-128, étail dénommé : Heures dites d'un pouce, parce que le volume n'a, en effet, qu'un pouce de hauteur et 6 lignes de lar- geur. C'esl de ce volume que Renouard «lisait, « qu'il ne serait pas aussi facile de remplacer ce rien que de le perdre ».
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 25
typographie, sont les signes représentatifs des nombres. Il est certains nombres qui, suivant une convention typographique, sont parties intégrantes de différentes séries d'objets qu'il devient inutile d'exprimer parce que la position constamment uniforme des chiffres les fait suffisamment connaître. Ainsi, lorsqu'en ouvrant un livre on aperçoit à la tète de ligne un nombre placé, soit au milieu de cette ligne s'il n'y a pas de titre courant, soit dans le cas contraire à l'extrémité de la ligne, près de la marge extérieure, on sait que ce nombre appartient à la série des folios, bien qu'il ne soit accompagné d'aucune indication. On sait pareille- ment que le nombre placé au commencement de la ligne de pied est le signe de la tomaison, et que celui qui est rejeté à l'autre bout désigne la feuille ou partie de feuille, suivant la règle fixée à cet égard pour chaque format.
« Il y a deux espèces de chiffres : arabes et romains. Ouoique dans certains cas on se serve indifféremment
a uns ou des autres, néanmoins leur emploi est assez ordinairement spécial pour, qu'on puisse en établir la distinction. Les chiffres arabes sont d'un usage plus fréquent : d'abord parce que leurs formes, différentes de celles des lettres, préviennent toute confusion entre des mots el des nombres; ensuite parce que leur plus grande simplicité facilite l'étude du lecteur, comme elle abrège le travail du typographe. On oe se sert de chiffres romains pour auméroter Les pages que lorsqu'il y .•• deui séries différentes de pagination dans un volume. »
Les signatures alphabétiques ou les signatures en chiffres c >rrespondan! au nombre de pages que donne
ii 4
26
CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
tel ou tel nombre de feuilles suivant le format, nous
allons donner un tableau de leur correspondance dans
les formats les plus usités.
Quand un ouvrage contient plusieurs tomes, le tome
est répété à toutes les signatures.
( Tome I
Tome I
I A'IMPLES
Tome II. Tome II.
et ainsi de suite jusqu'à la fin de chaque volume.
Ordre des signatures et des premiers chiffres de pagi- nation de chaque feuille, pour les formats primitifs et pour un volume d'environ 200 pages.
Signatures : In-folio, par feuille.
|
Signatures. |
Pages. |
Signatures |
Pages. |
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— |
107 |
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 27
Signatures : In-quarto, par feuille.
|
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|
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signatures : In-octavo, par demi-feuille.
|
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— 193 |
|
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97 |
Signatures : In-octavo, par feuille.
|
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Pages. |
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CHPITRE DEUXIÈME. 27
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177 |
|
|
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193 |
28
CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
Signatures : In-douze, par demi- feuille.
|
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Pages. |
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97 |
Les formats composés cl multiples sont :
I /in-seize, formé de deux in-octavo. Lin-vingt-quatre, formé de deux in-douze.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 29
L'in-trente-deux, formé de quatre in-octavo.
L'in-trente-six, formé de trois in-douze.
Par l'usage de ces tableaux on voit que :
Dans lin-folio, un volume composé de 84 pages a
21 feuilles;
Dans Tin-40, par feuille, un volume composé de 136 pages a 17 feuilles; Dans l'in-8°, un volume composé de 176 pages a
22 demi-feuilles ou 11 feuilles.
Lorsqu'il s'agit d'un format simple, comme l'in-8°, ce moyen de contrôle est assez facile ; mais quand on arrive aux formats composés, où l'on coupe la feuille de papier pour la plier, il est plus difficile de se renseigner exactement, parce que les imprimeurs ne suivent pas une méthode uniforme dans le numérotage des signatures. La plupart numérotent à la suite les cartons des feuilles, et ne mettent de points qu'aux cartons qui s'encartent dans d'autres.
Ce qui précède sera de quelque utilité pour le colla- tionnement des livres anciens, collationnement dont nous parlerons dans le prochain chapitre.
Le moyen dont les imprimeurs se servirent d'abord
pour régler et faciliter l'assemblage et la reliure des
Livrée était une petite table, registre (Registrum char-
m rappelanl le premier mot des feuillets qui com-
poaeni la première moitié de chaque rainer, ou les
de chaque cahier. Dans les éditions du
siècle, on appelait quelquefois registre la table
m
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PITRE DEUXIÈME. 29
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l volume composé de
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format anple, comme l'in-8°, ce Éacile ; mais quand on iposés, »ù l'on coupe la feuille t, il st plus difficile de se parce {ue les imprimeurs ne le unifome dans le numérotage (part Jimérotent à la suite les ne mitent de points qu'aux dans autres.
[< e utilité pour le colla- collationnement dont Iprochai chapitre.
se servir^' d'abord eblage e\jà gire des /istrejA Wn char-
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30 CONNAISSANCES NECESSAIRES
alphabétique du premier mot des chapitres, ou plutôt cette table tenait lieu de registre ou de série de signa- tures. C'est vers 1469 que Ton a commencé à se servir du registre; il paraît que les plus anciens ouvrages où on en trouve l'emploi sont les Philippiqiies de Cicéron, et le Tite-Live, imprimés par Ulric Hahn en 1469 ou 1 170 au plus tard. Cet usage s'est conservé, principale- ment en Italie, jusqu'à la fin du siècle suivant.
Le registre se trouve quelquefois au commencement du volume, mais plus souvent à la fin*; on assemblait les feuilles imprimées tantôt par cinq, tantôt par quatre,
* Cf. Index hbrorum ab inventa typographia ad annum 4500; Chronologies dispositus ciiin notis historiam typographico- litterariam illustrantibus. Hune disposuit F. X. Laire, Scquano- Dolanus, variarum per Europam Academiarum socius. Senonis, Tarbé, 1791, 2 vol. in-8 et Paris, Mangé, 17'.)7, in-8, à la table <l<>- matières, tome II, page 123, au mot Registrum : Codicum seu quinternionum, l<mi<> I. page 37. Quandôque index appellatur registruin, tome I, page 40. Non semper ejus séries servabatur in dispositions codicum, tome I, pages 46, 150, 225. IIujus nominis significatio jam nota, arte nascente apud Germanos, 210. Romœ et Venetiis in indice capitum habebatur primum verbum cujusvis capitis, v. g. in Augustino de civitate dei, anni 1470, sic index gerebat vices registri, tome I, 217. Singulare habetur in sancti Thomas gnodlibetis, anni 1471, 253 et 272. Singulare habuit tesoro di Brunetto Latini, tome I, 529. Habetur in Lactanlio, Ftom.ï. 1474, 541; Bononise, 1475, 557; Burgdorff', 1475, 558; Patavii, 1575. 571; Neapoli, 1475, 575; Joann. de Coloniâ, 1476, cum hoc titulo : tabula cariai wtn sccnniliimordincinponendarum.^ 582. Vcron.r Manier utcbalur registro signaturarum et quinter- nionum, 80, 16, et Florentise, 82, 23; Valencix in Hispaniâ, 84, 11. Registrum duernionum, D. 37. Adhuc anno 1481, Rorme aliquot Typographi non Bignat. utebantur, Bed registro codicum, 81, 24; quinternionum, 81, 24, el quaternionum, 81, 26. Kggestein usus est registro: prœ manibus est unum unius operis adhuc ignoti ei ejus tamen prœlis produentis.
On doit consulter aussi l'ouvrage de Marolles ayant pour Litre: Recherches sur V origine et le premier usage des registres, det signature*, <!<•* réclamée >■/ des cbi/J'res de pages dans les 'pre- miers livres imprimes Paris, 1785, in-8.
REGISTRO. ffABCDEFGHIkLMNOPQ.R
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Tard fono duernij eccetto A, H} e X, chefou fogli
feaîplici.
i 33 — Rej »tre indfqnanl les signatures des fouilles doubles et celles dei feuilles simples.
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Fig. 31. — Exemple d'un registre de signatures, pour un volume publié par Aide Manuce.
A ON BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 33
quelquefois par cinq et par quatre dans la même édition, et le nombre en était désigné à la fin *.
Par la suite, l'ordre des pages et celui des feuillets fut établi par la Réclame (Litterse reclamantes ou custodes) qui se trouvait placée à droite sous la dernière ligne d'une page verso**. Cette réclame est la môme que celle commençant la page suivante; elle n'était imprimée qu'à la fin de chaque cahier, quand la feuille était partagée en plusieurs cahiers; mais toujours au bas de la dernière page de la feuille. La réclame faci- litait le travail du relieur, et servait à rectifier les erreurs qui auraient pu se trouver dans les signatures.
Cet usage, qui est devenu inutile depuis qu'on a adopté celui des folios, n'en a pas moins persisté fort longtemps dans la typographie. On en a fait même un grand abus; nous en donnons un exemple, par la reproduction d'une page (fig. o5) provenant de l'ou- vrage du baron de Heineken, intitulé « Idée générale d'une collection complette (sic) d'estampes, etc. », publié à Leipsig et à Vienne en 1771***, qui porte
La plupart des registres n'ont pas été conservés par les relieurs. Noua pouvons citer connue exemple la Biblia latina, <>t>t'j*a et imjtensn Nie. /enson, M7(>, in-fol. gothique. On umalt de cette belle édition, imprimée avec des signatures, que quatre exemplaires sur vélin; et tous les quatre sont dépourvue du registre des cahiers qui est imprimé sur une seule page, à la Buite d'une table des noms hébreux.
** On sous entend folio : 1<- i •■< ■■ est la page qui est à la gauche du lecteur] c'est-à-dire le second coté d'un folio et le recto la qui esl à droite, c'est-à-dire celle sur laquelle un folio commence : c'esl littéralement feuillet droit el feuillet tourné.
* Idée générale Sune collection complette cP estampes. Avec une h ur r 'origine de la Gravure et sur les premiers Livres
•il'" ige . \ Leipsig el \ ienne, chez Jean Paul Kraus. 1771, in-s. Heineken, dans son /'/'■'- d^une collection dfeslampest s'étend sur
34 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
des réclames au bas de toutes les pages. La réclame a été en usage en Italie dès 1468, ainsi qu'on le voit dans le Tarde de Jean de Spire, à Venise; mais cette opinion, adoptée par tous les bibliographes, est vive- ment combattue par l'abbé Rive dans sa Chasse aux bibliographes. Il prétend que les réclames ne se trouvent pour la première fois qu'en 1472, dans le Confexsionale de saint Anlonin, exécuté à Bologne, in-4, sans indi- cation d'imprimeur, et où les réclames ne sont qu'à la fin des cahiers : au lieu qu'elles sont au bas de chaque feuillet verso dans le Tacite, ce qui donne- rait à entendre qu'il est postérieur au Confessionale. On voit par là que Rive attaque la date de I i68 et I i69 donnée au Tari/,-. « Comment peut-il être, dit-il, «pie celte édition de Tacite, qui a des réclames, soit de cette année, puisqu'on n'en voit aucune dans les autres livres sortis de la presse de cet artiste, depuis 1469 jusques en 1470, et que son frère Vindelin, qui acheva son édition de la Cité de Dieu en cette année, n'y en glissa aucun vestige...? Comment, ajoute-t-il, ce Tacite pourrait-il être de 1408 ou 1469, puisque Jean de
les premiers livres; il parle d'abord des Cartes à jouer, du Donat gravé en bois, «lu Catholicon, de la Bible et du Psautier de Mayence, «lu Livre des fables ou Lihcr similitudinis, qu'il re- garde comme imprimé en lettres de fonte, et dos Légendes. Ensuite passanl aux ouvrages gravés entièrement on bois, il commence par ceux sans texte, h cite la Bible des pauvres, ['Histoire <l>' saint •/'■"" el de ['Apocalypse, les Images des canti- ques, VHistoire de In Vierge, tirée des évangélistes ei de- saints pères, démontrée par images. Quant aux livres d'images avec texte, il donne la description des suivants : le Livre de l'An- thechrist, [Art d'apprendre par cœur les quatre Évangélistes, Y Art de mourir, des Sujeêe tiers de XÈcriture Sainte, le Spéculum humante Salvationis el La Chiromancie du Docteur Hartlicb. 11 en donne des notices et des reproductions très curieuses et 1res intéressantes.
& des premiers livres, 289
quées de Ton chiffre. Cependant il n' efl nullement décidé, fi Albert a grave lui mê- me ces eftampes; au moins eu1- il certain, que toutes ne font pas de (à main, quoiqu'il les ait deffinées, ou fur le bois même, ou, qu1 il en ait fourni le deffin aux ouvriers, qif il nourriffoit chez lui, & qu'il étoit obli- gé d' occuper. C1 eft une tradition généra- le à Nuremberg . auffi peut -"on s' apperce- voir, en examinant ces pièces avec attention, qu' elles ne font pas P ouvrage d' un feul ar- tifte,& ^77/îznàdejà fait la mémeobfèrvation. » Il faut ajouter encore un mot de la ma- nière qu'on nomme Clair -obfcur, qui eft analogue à la gravure en bois & qui a été exercée Jurement long tems en Alemagne avant Hugo da Carpi. Un des nos anciens artiftes, qui s' eft marqué
& qui eft appelle par nos curieux ^fuhan Ut- rit Q), fçût fi bien graver & imprimer lès
eilam-
(j ) Les Franco:'. I' 'appellent, fuivant I' AbbC <le Marottes, le MaitN aux bouillon;, CTvitét, Le Profeiîeur Chriji
1 i pic de l'abui <lrs réclamea.
Au 1 rouve la reproduction du premier mot
ou m première lyllabe] «!<• la \<:\<a*- vt\
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jj l^ewectuc, I aîapweu.
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— Exemple de signature (xv" siècle; tiré <Ui volume Demre» a hmifjr de /iome, imprimées à Paris en 146t.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 37
Spire nous assure lui-même que les Épîtres familières de Cicéron, qu'il a imprimées en 1469, sont le premier ouvrage qu'il a mis au jour*, et que Yindelin son frère, en nous indiquant, après sa mort, arrivée en 1469 ou 1470, le nombre des imprimés qu'il avait laissés jus- qu'alors, ne mentionne aucunement ce Tacite**\ Ainsi il est admissible que Tacite ne pouvant être que de la fin de 1472, ou tout au plus de 1475, Jean de Spire ne peut, comme le dit de Marolles***, avoir inventé les réclames. En France, on ne s'en est servi qu'au com- mencement du xvie siècle ; par la suite, non seulement on les a beaucoup multipliées, mais on en a abusé, ainsi que nous l'avons démontré; aujourd'hui, elles sont à peu près hors d'usage.
Les signatures (lettres de l'alphabet, chiffres ou signes particuliers), se mettent au bas de la première page de chaque cahier, au dessous de la dernière ligne, et servent à distinguer les différentes feuilles dont se compose un volume. On en rencontre déjà dans les livres
* Voyez la souscription de ces Êpîtreê in-folio sous le numéro de la bibliographie instructive ou Traité de la connaissance deê livres rares et singuliers, disposé par ordre de matières, par G.-F. De Bure le jeune. 7 vol. in-K. Paris. 1763-1768. — Supplé- ment ou Catalogue des Livres du cabinet de feu M. L.-J. Gaignat, G.-F. De Bure. 2 vol. in-s. Ibid. 1769 ou Xe et (.t vol. de la Bibliographie instructive). — Table destinée à faciliter la recherche dea livres anonymes cités dans les 9 volumes de la Bibliographie inttructive de G.-F. De Brin:, par J.-F. Née-de la r."i belle. In-s. ihid. 1782 (ou 10e vol. de ladite Bibliographie
** Voyez le ii 326 de la Bibliographie insti . où se trouve
tuscription de son édition de la Cité de Dieu, qui contient l.i liste des imprimés de ^<>n fi
"-.s d<- la première édition «1<> ses herehe» sur et le premier * I <rcs. îles
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Fig. 30. — Exemple de signature (xv° siècle) lire du volume Heure» à lusaige de home, imprimées à Paris en 1498.
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A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 37
Spire nous assure lui-même que les È pitres familières de Cicéron, qu'il a imprimées en 1469, sont le premier ouvrage qu'il a mis au jour*, et que Yindelin son frère, en nous indiquant, après sa mort, arrivée en 1469 ou 1470, le nombre des imprimés qu'il avait laissés jus- qu'alors, ne mentionne aucunement ce Tacite** \ Ainsi il est admissible que Tacite ne pouvant être que de la fin de 1472, ou tout au plus de 1475, Jean de Spire ne peut, comme le dit de Marolles***, avoir inventé les réclames. En France, on ne s'en est servi qu'au com- mencement du xvie siècle ; par la suite, non seulement on les a beaucoup multipliées, mais on en a abusé, ainsi que nous l'avons démontré; aujourd'hui, elles sont à peu près hors d'usage.
Les signatures (lettres de l'alphabet, chiffres ou signes particuliers), se mettent au bas de la première page de chaque cahier, au dessous de la dernière ligne, et servent à distinguer les différentes feuilles dont se compose un volume. On en rencontre déjà dans les livres
• Voyez la souscription de ces Ê pitres in-folio sous le numéro
de la Bibliographie instructive ou Traité de la connaissance
des livra rare» et singuliers, disposé par ordre de matières, par
G.-F. De Bure le jeune. 7 vol. in-8. Paris, 170.1-1 768. — Supplé-
ou Catalogue des Livres du cabinet de feu M. L.-J. Gaicnat,
disposé par G.-F. De Bure. S vol. in-8. Ibid. 1709 (ou 8e et 9e vol.
de la Bibliographie instructive). — Table destinée à faciliter la
recherche des livres anonymes cités dans les 9 volumes de la
Bibliographie instructive <lr G.-F. De Bure, par J.-F. Née-de la
Rochelle, ln-8. Ibid, 1782 (ou 10' vol. de ladite Bibliographie
uctive).
** Voyez le n 326 de la Bibliographie instructive, où se trouve
ription de son édition de la Cité de Dieu, qui contient
la liste dea imprimés de son frère.
•'• Page 38 d<- la première édition <l<- s<-> Recherches sur
et le premier <> âge des registres } des signatures) des
etc. Paris, 1783, in-x.
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38 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
d'images avant l'invention de l'imprimerie*. Le mode et l'usage <l<i ces signatures varie; elles étaient indiquées soit en chiffres romains ou arabes, soit en lettres, soit encore avec des astérisques ou des virgules**. Ces
* Quelques éditions anciennes, reliées et fortement rognées, ont, la plupart, perdu leurs signatures;on peut citer entre autres, la première et rare édition du •• Hieroclis philosophi stoici et sanctissimi in aureos Versus Pythagorae Opusculum prœstan- tissimum et religioni christianae consentaneum » latine; Palavii, Bartholomaeus de Val. de Zoccho, 1 47 i, in-i. Cette édition ne conserve ses signatures, placées tout au bas des feuillets que lorsque les exemplaires ne sont pas rognés.
A défaut de signature ou de pagination imprimée et afin d'éviter des transpositions de feuilles, les possesseurs d'un livre, ou les relieurs mêmes, en numérotaient d'abord les pages à l'une des extrémités de la marge, soit au haut, soit au bas des feuilles, quelquefois même tout à fait dans un coin, avec l'intention que ces chiffres fussent enlevés. On rencontre des exemplaires dont les signatures étaient poussées après l'impres- sion sur le bord de la marge, et non près du texte, pour servir seulement à eollationner le volume. Dès que ces livres passaient à la reliure, ces numéros ou signatures étaient nécessairement attaqués et plus ou moins enlevés par le couteau du relieur. Cependant, lorsqu'il y a plusieurs feuillets à témoin dans un volume, c'est-à-dire que l'on a rogné si peu, que plusieurs feuilles n'ont pas été atteintes et ont conservé leurs barbures, on peut en préjuger que ce volume a peu perdu de ses marges.
Il n'y a pas que les signatures qui soient, trop souvent, atta- quées par le couteau du relieur. In livre rare, V Eunuque, (comédie en vers, par Jean <l<> La Fontaine), Paris, Aug. Courbé, 1654. Pet. in-i° de 4 ff. prélimin. non chiffrés, 149 pages chiffrées et ") pages non chiffrées pour le privilège, premier ouvrage de la jeunesse de La fontaine, qui le lit paraître quelque temps après son mariage et dont il est extrêmement difficile de trouver de beaux exemplaires avec marges, a son titre presque toujours en mauvais état, la dernière lettre du mot Eunuque dépassant debeaucoup la justification et étanl la plupart du temps rognée.
** La belle édition de Orlando furioso. di Lud. Ariosto, conle annotationi di <iir. Ruscelli, Venetia, Yincenti Valgrisi, ir>(>l2, in-4* à 2 colonnes, dont un exemplaire a été imprimé sur papier bleu, se compose de (iS7 pages chiffrées (le verso du dernier feuillet qui contient la devise de Valgrisi n'est pas chiffré), plus lkJ feuillets préliminaires, sans numération, partagés en trois cahiers de i feuillets chacun avec les signatures *, **, ***.
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 39
signes servent, non seulement à marquer l'ordre dans lequel on doit assembler les cahiers mais, ainsi que nous l'avons indiqué précédemment, à déterminer les formats. Si donc, par exemple, on veut s'assurer qu'un volume est in-8°, on n'a qu'à examiner le bas de la 17' page, on y trouvera B (si l'in-octavo est imprimé par demi-feuille, le B ou le chiffre 2 sera quelquefois au bas de la 9e page) ; à la 55e, G ; à la 49e, D ; etc. Si le volume est in-lv2, on trouve B au bas de la page 25, G à la page 49; D à la page 75, etc., parce que la feuille étant pliée en douze, ce qui forme 24 pages, la pagination de la seconde feuille commencera par le nombre 25, et le bas de la première page de cette feuille sera marqué de la lettre B ou du chiffre 2. Si un volume a plus de cahiers ou de feuilles que le nombre des lettres de l'alphabet, on multiplie l'alphabet par des minuscules ajoutées à la majuscule, autant de fois qu'il est nécessaire, c'est-à-dire qu'après la 25e feuille on recommence l'alphabet ou signature A a; à la 47e, on reprend le troisième alphabet ou signature A Aa, et ainsi de suite*. Quelquefois, les quatre premiers feuillets sont signatures ai, aii, aiii, aiiij, ou bien marqués d'un chiffre arabe. Nous donnons (fig. 57), la repro- duetioD de L'une de ces signatures tirée d'une édition
* L;i rare édition des Œuvra de F. Vxiloni reveues et remises ■<■ r. par Clément Marot: valet de chambre «lu Roy. On les vent ■> il la rue Sainct-Jacques, à leneeigne de l'Homme
...inimn/e. ehe» Nieolcu Qilles, s. d. 1540), pet. in-12, est chiffrée «lu troisième alphabet A Ut, parce qu'elle a été imprimée par Jehan Bignon, a la suite de son édition <lc Marot (1540). Cette édition, qui fut probablement détachée du Marot pour être vendue au libraire Nicolas Gilles, bc rencontre presque tou- joui - sépai i
40 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
de la vie de Sainte Catherine de Sienne, la plus ancienne connue, imprimée par Guy Marchand dont elle porte la deuxième adresse, pour Jehan Petit, le 3 avril 1505. Elle est ornée de 25 curieuses figures gravées sur bois, la plupart à deux compartiments. En voici le titre : La Vie de madame Saincte Katherine de Siene. A la fin : Cy finit la vie madame saïcte Katherine de siene de lordre de saïct Dominique. Laquelle a este Imprimée en beauregard derrière le colliege de Bôcourt. Lan mil cinq cens et trois. Le troisième iour de auril pour Jehan Petit, libraire deniourât a la Rue Sainct Jacques a lenseigne du lyon dargent auprès des maturins. In-4° goth. de 82 fi", chifl'., fig. sur bois.
( )n présume, ({n'en imprimerie, les signatures ont paru pour la première fois dans le Johannis Nyder prœcepto- rium divinse legis, Colonne, per J. Koelhof, de Lubeck, 1 172, in-fol. à deux colonnes. Laire, dans son Index librorum ab inventa, etc., page 280 du tome I, n° 52, cite cet ouvrage ayant pour titre : Johannis Nyder pre- ceptorium divinelegis, in-folio, avec cette souscription : impressum Colonir per magistrum J. Koelhof de Lubick anno Dni M.CCCC.LXXII. Dans la notice raisonnée de cet ouvrage, il dit : Folia signantur ab a. ac/mmiiij, Iterato alphabetico progressu*. Après avoir passé en revue la plupart des éditions de dates apocryphes, après avoir relevé les erreurs de Mcerman, de
* Voyez à <«' Bujel la lettre écrite d'Aix, le 17 novembre 1788, par Rive à Laire; Index libror. tome I, page 281 ; et la Chronique littéraire des ouvrages de Rive, page 108; voyez aussi le Catalogue de la Serna, Bruxelles, 1803, tome I, n° 074. On peut aussi consulter L'intéressant Mémoire sur V origine et h' premier usage des signatures et des chiffres da>is Fart typographique, du même auteur.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 41
Maittaire, du docteur Middleton dans sa dissertation: On Ihe origin of printing in England, et même celle de Marolles sur l'origine des signatures; Laire pense que cette origine date de 1472, et que le premier ouvrage
£5mt par feermd^s8c|aim^ hatfaim ftfufcwé tmmcft&furmt foi? fur m ûme&8ce tmîm*
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Fig. ."7. — Exemple de signature (commencement (J t»U
dii xvi' siècle;.
portant des signatures est le Jolia. Nyder, cité plus haut. Quant aux chiffres, Marolles croit que le premier ouvrage qui en ail eu, est le de claris mulieribus de .1. Bocace, imprimé à Ulm en I '» 7 r> , par Jean Zeiner de Reutliugen. Chevillieren attribuait le premier usage à LFlric Gering el à Bes associés, en 1477 : Meerman ;i suivi L'opinion de Chevillier; mais de la Sema .-• prouvé Il e
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Typographus. SttQSucfcfcrutfrr.
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<-Atq. Ccolu euro publtca faBa Ici . lArtem prima noifam rtpenfjt Mop'.ntijferiur,
Vrbsgrauv.??' mu'ltu ingemofa inodi^ Qua mbit-vriliu-r^det \aut prec; i . . - '«,
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- Exemple de signature (xvi« siècle tiré du volume De ArtUnu nvech:: \ici*. Figures de Jost Amman.)
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42 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
dans son Mémoire que ces auteurs sont dans l'erreur, et que dès I Ï7I Arnoldus Ter Hoernen, l'un des pre- miers et des plus célèbres imprimeurs de Cologne, les employa pour la première fois dans un ouvrage peu connu intitulé : Liber de remediis utriusque fortunée. Colonie, Arnoldus Ter Hoernen, 1471, in-4, que l'on croit composé par un nommé Hadrianus Carthusianus, qui vivait en 1 410 dans la Chartreuse, près de Gertrui- denberg. Il ne faut pas confondre ce livre avec celui de Pétrarque, portant le môme titre, ni avec un petit fragment connu sous le titre de Remediis fortuitorum, attribué à Sénèquc. Quant aux réclames, ajoute-t-il, je ne crois pas que le premier usage en soit dû à Jean de Spire, premier imprimeur de Venise, mais bien à Vindelin, son frère*. De nos jours, la signature par lettre est abandonnée et on ne se sert plus que de chiffres.
Il existe autant d'impositions qu'il y a de formats; le nombre indicatif du format doit toujours être double pour faire une feuille et, quelles que soient les dimen- sions que présente une feuille de papier lorsqu'elle
* « Je m'étonne, dit Magré de Marottes dans ses Recher- ches sur l'origine et le premier usage des registres , des signa- tures} des réclames, que les anciens imprimeurs, surtout dans le temps que Les réclames et les signatures n'étaient point encore usitées, no se soient pas servis de chiffres qui pou- vaient y suppléer, quoique imparfaitement, pour l'assemblage et la reliure des livres : j'en suis d'autant plus surpris, que très souvent on trouve dans les anciennes éditions des tables qui renvoient aux feuillets indiqués par leurs numé- ros, les supposant chiffrés à la main: et cela ne se rencontre pas seulement dans les plus anciennes, puisqu'il y a une pareille table à la lin des Vies des Saints de Mombritius, imprimées à Milan, sans date, mais qu'on sait l'avoir été vers 1479.
Typographus. Stt^udjbmcfcr.
AI{te mea reliquat ilîuflro Typographus artest Imprtmo dum varias are muante liaros. Qu*pnus au8afitu:qua! puluere plena iaceban'f, l'idimus obfcura noBt: lepuîtapremi.
H<tc 'veterum renoua negletïa -volumtna Fatrum
lAtfyfcolu curopubluafaBalegi. xArtem prima nouam repenjje Moguntiaferlur,
Vrbsgrauv-ej- muitu ingcmofa mod%i^ Ç>ua nihit'vnlius'videtiaurprectoJîus. afhUy
VAX'melutf quicquam [cela futur a dabxnt. C 3
i i • • pie de signature (xvr siècle) tiré do volume
Dt Artibtu //('■'/• i , ■ '• de Jott Amman.)
CO M E Dl E. 15
ALCESTE.
Nous verrons bien
ORONTE.
L'ESboir .. le ne fçay fi le ftile Pourra vous en paroiitre atfez net, & facile, Et ft, du chois des Mots, vous vous contenterez.
ALC ESTE. Nous allons voir, Moniieur.
OR ONT E.
Au refte, vous fçaurez. Que ie n'ay demeuré qu'vn quart-d'heure à le faire.
ALC ESTE. Voyons, Monfieur, le Temps ne fait rien à l'affaire
ORONTE.
'Efpoiry il eji i/ray, nom foulage, lEt noiu berce vn temps, nvjlre ennWj: Maii, Philis, le tnfte auanta^e , Lors que rien ne marche après luyl
PH I LfNT E.
le fuis déjà charmé de ce petit morceau.
ALCESTE. Quoy! vousauezle front de trouuercela beau? ORONTE. Voim euftei de la Comptai fance, Ma» -vous en deuie\ moins anvir-, Et ne voui pas mettre en dèpenfe, Four ne me donner que /'Elpoir.
PHI LI NTE.
Ah ! qu'en termes galans, ces chofes-li font mifes.'
ALCESTEè^. Morbleu, vil Complaiiant, vous louez des Sottifes.»
B ij
Fig. 39. — Exemple de signature (xvir siècle) lire du volume Le Mitontrope, comédie par I.B.P. De Molière. A Paris, chez Iean Ribov, M DC.LXV1I.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 45
est pliée, chaque format prend son nom du nombre de feuillets, c'est-à-dire, on nomme une feuille in-folio parce qu'elle offre deux feuillets ou quatre côtés; la feuille in-4, quatre feuillets ou huit côtés; la feuille in-8, huit feuillets ou seize côtés, etc.; nous répéterons qu'une feuille donne le double de pages du format cité.
« Les formats doivent, le plus souvent, leur nom aux marques de fabrique qu'ils portaient en filigrane. Les anciens papetiers s'en servirent aussi pour distin- guer les formats différents*.
'« Certaines de ces désignations ont subsisté :
« Par exemple, la couronne portait une couronne imprimée dans la pâte du papier; l'écu, l'écu de France surmonté d'une couronne avec des fleurs de lis; le jésus avait comme marque les initiales du Christ : IHS ; le soleil, un astre rayonnant; le grand-monde, une mappe- monde; l'aigle, un grand aigle; le raisin, une grappe de raisin; etc.
« Le format carré, dont le nom s'explique de lui- môme, était autrefois le plus usité pour l'impression, m sans doute le périmètre restreint de la platine des ancienne presses.
« L'interdiction de vendre les papiers et les parchemins n'ayant pas les dimensions prescrites date de 1548.
« L'in-plano comprend 2 pages ou 1 feuillet, il est destiné à ne pas être plié.
« L'in-folio, qui est La feuille pliée sur elle-même, comprend \ pages ou - feuillets.
« L 'in-4 esl la feuille pliée «h-u x fois Mir elle-même,
1 i mile I.i < u i:< . Vouveau Manuel complet de Typographie. i de Pai i- Bu i -i Pai i- Ifulo, 1807, In 18.
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46 CONNAISSANCES NECESSAIRES
elle comprend 8 pages ou 4 feuillets; réunion de 2 in- folio.
« L'in-0 comprend 12 pages ou 6 feuillets, réunion de 5 in-folio.
« L'in-8 est la feuille pliée trois fois sur elle-même, 16 pages ou 8 feuillets, réunion de 4 in-folio.
« L'in-12, 24 pages ou 12 feuillets, réunion de 6 in- folio.
« L"in-16, feuille pliée quatre fois sur elle-même, 32 pages ou 1(> feuillets, réunion de 8 in-folio.
« L'in-18, 50 pages ou 18 feuillets, réunion de 9 in- folio.
« Pour les formats comportant un plus grand nombre de pages, on en trouvera la liste aux impositions multiples.
« L'in-plano n'est guère employé que pour les affi- ches, les placards, les textes destinés à accompagner les planches, les tables chronologiques, les tableaux synoptiques, les imprimés administratifs et autres ouvrages du même genre, certains travaux de ville.
« L'in-folio est réservé pour les impressions de luxe, pour les ouvrages de recherches, que l'on consulte parfois mais dont on ne se sert pas habi- tuellement.
« L'in-i, très usité autrefois, s'emploie pour les diction- naires, mémoires, rapports, ouvrages scientifiques et ceux contenant des tableaux ou des opérations exigeant une grande justification.
« L'in-8 joint l'élégance à la beauté, l'usage en est fort commode et il figure agréablement dans une biblio- thèque. C'est le format préféré des lecteurs en général
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 47
et des bibliophiles en particulier. Il convient à toutes sortes d'ouvrages; il tient le milieu pour les dimensions et pour les caractères entre tous les autres formats : c'est le type le plus répandu.
« L'in-12 est généralement adopté pour les classiques, les romans et autres ouvrages usuels, qui en rendent l'emploi assez commun. Quoique format dit bâtard, il est assez agréable d'aspect ; il tient le milieu entre l'in-8 et l'in-16.
« L'in-16 s'emploie pour les livres d'instruction et de récréation.
« L'in-18, d'usage fréquent, est surtout le format des romans.
« La double couronne en in- 10 remplace le jésus en in- 18, la grandeur du volume est la même et l'impres- sion des quarts, demis et trois quarts se fait sans perte de papier.
« Le format des premiers livres imprimés est l'in-folio.
« Le premier in-i connu est le Vocabularium ex quo... imprimé en I 167, par Henry et Nicolas Bechtermuntze, «l réimprimé In-folio deux ans plus tard dans la môme ville par le second de ces typographes; car c'est à tort qu'on a regardé comme in-i le Cicero de Officiis édité en 1465, à Mayence, par Fust.
« L'in-8 daterait de 1470.... Néanmoins, l'invention de ce formai esl généralement attribuée à Aide Manuce, qui - en Ben il pour la première lois, en 1500, pour une édition des (l '•<■ Virgile. Cette innovation était
dea plu- intéressantes, aussi lui elle accueillie nvoc empressement par l<- public; car elle permettail <l<- faire dea livres qui, toul en renfermanl autanl <l«- matières
48 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
qu'un in-folio ou un în-4, coûtaient bien moins cher et, précieux avantage, pouvaient être emportés avec soi, tandis cpie les formats en usage n'étaient guère mania- bles et demandaient l'appui d'un pupitre. Le sénat de Venise récompensa Aide Manuce en lui octroyant le privilège d'employer ce format pendant dix années (13 novembre 1502), privilège qui n'empêcha pas d'ail- leurs des imitateurs de s'en emparer.
« L'in-12 paraît avoir été créé dès 1470 pour les livres de piété. 11 était très en vogue en France à cette époque.
« L'in-16 et l'in-24 furent mis à la mode par les Elzevier au xvne siècle.
« Le plus ancien in-32 est YOfficium D. Mariœ Vir- ginis exécuté à Venise, en I 173, par Nicolas Jenson.
« Si l'on en croit Baillet, au xvie siècle, les livres de petit formai étaient plutôt regardés avec mépris par les savants. »
Comme conclusion à tout ce qui précède, nous allons citer et reproduire quelques-unes des impositions les plus usitées *.
IN-FOLIO
Le n° 1 représente le côté de première d'une feuille; le n° 2, celui de seconde.
L'indication des biseaux** est marquée par les points
* Cf. L'Indicateur des formats donnant exactement et sans cal- cul les formai el genre de coupe ou de pliage auxquels se rappor- tent tous livres «>u modèles imprimés, quelles que soient leurs dimensions. Complété de renseignements utiles pour l'emploi judicieux du papier, par Lucien Laynaud. Montélimar, lyp. Laynaud, 1893. In-8.
** Réglette de l><»is de longueur indéterminée qui s'élargit graduellement d'une extrémité à l'autre et qu'on emploie pour serrer les formes.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 49
IMPOSITION DE LIN-FOLIO.
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N' 1. N* 2.
IMPOSITION DE L'iN-QUARTO.
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50
CONNAISSANCES NECESSAIRES
IMPOSITION DE L'iN-OCTAVO.
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N* 12. N* 13.
Fig. i7 à 52. — Impositions diverses. (Voir jKige 51.)
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 51
qui sont tracés et qui désignent la position du châssis devant le metteur en page.
Il est essentiel de faire observer que dans toutes les impositions ordinaires, la première page est placée, sur le marbre, à gauche de l'ouvrier, et dans presque toutes, la dernière à côté de la première.
IN- QUARTO
Le n° 5 représente le côté de première d'une feuille. N°4, le côté de seconde. N° 5, une forme en retiration* sur elle-même.
IN-OCTAVO
N° 6, une forme en retiration sur elle-même. N° 7, deux cartons in-8.
IN-OCTAVO
» 8, le côté de première d'une feuille. N° 9, celui de seconde.
IN-DOUZE
N 10, le côté de première d'une feuille. N° 11, celui de seconde. N° 12, une forme in-12 en retiration sur elle-même, et le châssis à la Lyonnaise. N° 15, une l'orme in- 12 dont le carton est en dehors.
IN-DIX-IIUIT
N I l, le côté de première de la feuille, imposée en trois cartons. N° 15, Le côté de seconde.
I H'- manière d'imposer par trois cartons est celle
- i esl l'impression du second côté <ie la feuille
de papier Le mol retiration peut venir du verbe retirer, tirer de nouveau, ou du substantif réitération, corrompu par le lan- ■ hnique il. i ournier.
52 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
que l'on devrait toujours adopter. Elle est plus facile pour le compositeur, le relieur et le lecteur.
N° 16, représente une forme in-18 en retiration sui elle-même, sans transposer de pages.
IN-TRENTE-DEUX
N° 17. Cette imposition représente deux feuilles m-8.
IN-SOIXANTE-QUATRE
N° 18, représente une forme en retiration sur elle- même, contenant 4 cartons in-8.
Nous donnons, ci-après, les différents noms que prennent les papiers suivant leur grandeur :
Pot (papier écolier). . 31 x 40 Telliere pap.ministre). 33 x 44
Couronne 57 x 47
Écu 40 x 52
Carré (coquille). . • . 45 x 56
Cavalier 46 x <>*2
Double-couronne. . . 47 x 74
Raisin 50 x 65
Petit-jcsus 5k2 x OS
Jésus 55 X 70
Grand-Jésus 56 x 7G
Soleil, ou pittoresque. 00 x 80
Colombier 65 x 90
Journal 05 x 04
Petit-aigle 70 x 04
Grand-aigle 75x100
Petit-monde 84x107
Grand-monde 90x120
De nos jours, la désignation du format joue un rôle moindre qu'aux siècles précédents. Le même ouvrage est souvent tiré on deux formats différents, le papier se trouve coupé mécaniquement et sans appréciation de format, seule la signature, utile à l'assemblage, subsiste.
Dans la majeure partie des bibliothèques, les livres sont aujourd'hui rangés suivant leur hauteur et non d'après le format réel ; aussi il serait à désirer qu'à l'avenir les libraires annonçassent, sur leurs cata- logues, la hauteur et la largeur des livres en centi- mètres, indépendamment de la désignation du format qui jouerait ici un rôle secondaire.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 53
IMPOSITION DE L'iN-DIX-HUIT.
V 14.
N* 15.
V 16.
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54
CONNAISSANCES NECESSAIRES
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IMPOSITION DE LTN-TRENTE-DEUX. |
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N' 17.
IMPOSITION DE L'iN-SOIXANTE-QUATRE.
N* 18. FJg. 56 et 57. — Impositions diverses. (Voir page 52.)
TABLEAUX DES DIMENSIONS
DE
QUATRE-VINGTS FORMATS DE VOLUMES
(Mesures en centimètres et en millimètres)
ET DES
PRINCIPAUX FORMATS ;DE PAPIER
PLIES SELON" DIVERSES IMPOSITIONS COURANTES
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lïANTES. (MESURES i - f EN MILLIMÈTRES.
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'25.00x32.50
21.66x25.00
16.25x25.00
12.50x21.66
12.50x16.25
10 83x16.66
JESUS 55 x 70
55.00x55.00
27.50x55.00
25.55x27.50
17.50x27.50
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15.75x17.50
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40.00x60.00 |
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50 00x40.00 |
|
20.66x30.00 |
|
20.00x30.00 |
|
15.00x26.66 |
|
15.00x20.00 |
|
13.33x20.00 |
|
15.53x15.00 |
COLOMBIER 65 x 90
45.00x65.00
51.50x45.00
50.00x51.50
22.50x51.50
15.75x50.00
15.75x22.50
10.00x15.00
15.00x15.75
11.25x15.75
limension exacte d'une j nat désiré.
<l'un in-8° Raisin : Suivre la le horizontale marquée In-octavo
mesure 16.25x25.00 qui s'y lonne la dimension cherchée,
composée de 500 feuilles, es sont établies par mains ou
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56
CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
PRINCIPAUX FORMATS DE PAPIER PLIES SELON DIVERSES IMPOSITIONS
|
FOKMATS PLIES EN |
COURONNE 37 x 47 |
ECU 40 x 52 |
CARRÉ 45 x 56 |
CAVALIER 40x62 |
|
|
In-folio . . . |
23.50x37.00 |
26.00x40.00 |
28.00x45.00 |
51.00x46.00 |
|
|
In-quarto. |
18.50x23.50 |
20.00x20.00 |
22.50x28.00 |
23.00x51.00 |
|
|
In-six. . . . |
15.66x18.50 |
17.53x20.00 |
18.66x22.50 |
20.66x23.00 |
|
|
In-octavo - . |
11.75xlS. 50 |
13.00x20.00 |
14.00x22.50 |
15.50X23.00 |
|
|
In-douze. . . |
9.25X15.66 |
10.00x17.33 |
11.25X18.06 |
11.50x20.06 |
|
|
In-seize. . . |
9.25x11.75 |
10.00x13.00 |
11.25x14.00 |
11.50x15.50 |
|
|
In-dix-huit. . |
7.85x12.33 |
8.06x13." |
0.35x15.00 |
10.33X13.55 |
|
|
ln-ïingt-quatre . . |
7.83X 9.25 |
8.00x10.00 |
9.33x11.25 |
10.53x1150 |
|
|
In-lrente-deui . . Les mes Exemple et la colon Les papie cahiers de 2 |
5.87 X 0.23 ures indiquée On veut cor ne verticale m >rs sont dispo 5 feuilles chac |
6.50x10.00 à dans chaqu maître la grar arquée Raisin ses ordinairen une. |
7.00x11.25 e colonne de ideur d'une p jusqu'à leur i îcnt par rames |
7.75x11.50 nnent donc la âge provenanl riterscction. La >. La rame est |
A ON BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 57
COURANTES. (MESURES EN CENTIMETRES ET EN MILLIMETRES.)
RAISIN 50x65
02.50x50.00
25.00x32.50
21.66x25.00
16.25x25.00
12.50x21.66
JESUS 55 x 70
55.n0x55.00
27.50x55.00
23.33x27.50
17.50x27.50
13.75x23.33
GRAND JESUS 5G x 76
PITTORESQUE
ou
SOLEIL
60 x 80
58.00x56.00
28.00X58.00
25.55x28.00
19.00x28.00
14.00x25.55
>X16.25
12.50
8.125x12.50
40.00x00.00
50.00x40.00
26. 00x50. 00
COLOMBIER 65x90
45.00x65.00
51.50x45.00
50.00x51.50
20.00x50.00 22.50x51.50
15.00x26.66
15.75x17.50 14. 00x19.00
11.66x18. 33
Il .66x13.75
8.75x13.75
15.00x20.00
12.6GX18/G6 15.55x20.00
12.06x1 1.00
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15.75x50.00
15.75X22.50
15.00x21.00
15.55X15.00 15.00x15.75
II). IMIXl5.HO
11.25x15.75
dimension exacte d'une page au formai désiré, d'un iri H Raisin : Suivre la colonne horizontale marquée In-octavo met 00 qui s'y trouve donne la dimension cherchée.
composée de 500 feuilles, lesquelles son! établies par mains ou
58 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
Par l'examen du tableau qui précède on remarquera que les formats offrent do très grandes différences selon le papier employé, et que les mesures sont pour un volume de même format, Tin-80 par exemple :
En couronne 11.75x18.50
En écu 13.00x20.00
En carré (Format du présent volume) . li.OOx 22.50
En cavalier 15.50x23.00
En raisin 16.25x25.00
En jésus 17.50x27.50
En grand jésus 19.00x28.00
En soleil 20.00x30.00
En colombier 22.50x31.50
et ainsi de suite pour tous les autres. L'importance d'ajouter le nom du papier employé à la désignation du format est indiscutable, jusqu'à ce que l'on ait adopté l'usage d'indiquer les mesures d'un volume.
FORMATS MICROSCOPIQUES
A toute époque on a publié des ouvrages en très petits formats, ainsi que des éditions miniatures, diamants et microscopiques, où le terme s'applique généralement au caractère employé. Sans en discuter ici l'utilité, nous pensons qu'il y a quelque intérêt pour les amateurs, de passer en revue ces curiosités et ces bijoux biblio- graphiques, qui font plaisir aux amateurs de lart lypo- graphique. Le format des livres microscopiques, en raison du procédé d'impression, est quelquefois difficile à désigner. ( les livres sont généralement tirés en in-04 OU en in- 128, mais on a pris l'habitude de les définir d'après leur hauteur el leur largeur. On dit : Ce livre à
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 59 55mm x 18, pour dire qu'il y a 55 millimètres en hauteur sur 18 millimètres en largeur.
La très curieuse collection de M. Georges Salomon, dont M. Gaston Tissandier a donné un compte rendu dans La Nature, est ce qu'il y a déplus original en ce genre*.
Nous y avons relevé les titres des livres suivants :
La Constitution française, Paris, imprimerie de la Société littéraire typographique de TEstrapade, 1792
Fig. 58 à 61. — Le plus petit livre connu.
Son aspect grandeur d'exécution.
Le même posé sur un timbre poste.
Le même représenté ouvert.
(4imm X 29).
Étrennes f rem- ises ou la. Charte constitutionnelle, Paris, E. Jourdan, 1821 (54mm x 50).
Catechismus, Allemagne, 1611 (42lum x 25).
Catechismus Handlung, Nurnberg, 1000 (31mm x 3i).
Le Réveil de Vâme, Annecy, 1784 (41,nm x 29).
London Almanack, printed for the company stalio- ners (.>>'» x 28).
The English Bijou Almanack, London ? (i4mm x 10).
I e l ni des livres lilliputiens existait au commenco- ment du x\n siècle, comme od le voit parla citation
* Notre confrère M. E. Flammarion, un des éditeurs auxquels la librairie française esl en grande partie redevable <l<' 8a renom- mée el de son extension, a publié une Bibliothèque miniature^ reproductions microscopiques d'éditions de luxe, et dont l'exé- cution esl parfaite. MM. Pairault el Cie, éditeurs, ont publié quelques livres minuscules, imprimés en caractères mobiles, mesurant 0,03! 0,021! el pesant h grammes.
60 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
du Catechismus. Les Aphorismes d'Hippocrate furent aussi imprimés dans un format minuscule (45m,D X 50) à Anvers, chez Plantin, en 1617 ;:.
Au mois de février 18Ô2, on annonça à Londres, en opposition avec les éditions minuscules ou en carac- tères microscopiques, l'apparition d'un livre d'un format et de caractères gigantesques. Plusieurs jour- naux en publièrent la réclame suivante :
« Livre d'une dimension gigantesque. Le livre de la plus grande dimension qui ait été mis sous presse paraîtra en 1832 à Londres. Il aura pour titre Panthéon des Héros anglais. Chaque page aura quatre toises de hauteur et deux de largeur, et les lettres auront la dimension d'un demi-pied. Il a fallu confectionner une mécanique exprès pour la fabrication du papier. L'im- pression de cette œuvre gigantesque se fait au moyen d'une machine à vapeur; et au lieu d'encre noire, on emploie un vernis d'or. Il n'en sera tiré que cent exemplaires qui ne sont destinés qu'aux principales bibliothèques d'Angleterre. »
D'après l'inventaire de la bibliothèque des ducs de Bourgogne, on voit que la plupart des livres étaient in-folio. Les bréviaires, les livres d'heures et d'oraisons devaient être in-4° ou in-8°. Quant à ceux qui sont
* Douze volumes, minuscules gravés. Calendrier de tous les saints, illustré par Michel (ils aîné, gravé par Lcchard, font partir des collections de M"1 Y*' Vallerant. Ces volumes qui mesurent lK"mx \'2mm. ont dû être imprimés vers le milieu de ce siècle, nous les croyons d'une grande rareté. Les gravures
les C posant sont collées dos à dos et montées sur onglet.
Chaque volume contient un mois de l'année et est relié en chagrin, avec Heur de lys à chaque angle du premier plat. Les douze mois sont renfermés dans un étui divisé en douze cases.
\ _ 1,1 .1 7 >. M iihwuIi- français reproduiti en vraie grandeur, i p| p< [| livrei <lu monde représentés en vraie grandeur.
Chemin <!<• le croix figuré oui ei I 1 d'argent «lu Chemin de la croix el d'un Paroissien.
Y\'s. 76 à B9. Minuscules allemands. — Minuscules anglais.
Almanach allemand <le îs^T avec lithographies <le Senefelder
Almanach minuscule allemand «le 1818, avec son étui.
A ON BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 63
désignés seulement sous le titre de Un petit livre, il est probable qu'ils étaient petit in-8° ou in- 12.
Au xvie siècle, dans le principe, on regardait avec mépris les livres d'un petit format. « Scaliger, dit Baillet, raille Drusius pour la petitesse de ses livres; et J. Morel, l'un des plus grands imprimeurs de son temps, se plaignait au savant Puteanus, rival de Juste Lipse, que ses livres étaient trop petits pour la vente, et que les chalands n'en voulaient pas. »
Au collège d'Edimbourg, on commença à imprimer les Thèses philosophiques en 1596; elles avaient d'abord le format in-8°; en 1612, elles passèrent à l'in-4°; en 1641, elles devinrent grand in-folio. Ce dernier format était encore adopté pour les thèses soutenues dans les Facultés de Paris au xvine siècle. On connaît les prouesses du chanoine Fabri, que Boileau, au chant v du Lutrin, nous représente terrassant ses adversaires au moyen d'un vieil Infortiat. Nous ne savons pas si le poète avait eu l'intention de faire allusion à l'exploit d'un professeur de droit, Christophe de Longueil, qui avait terrassé ses élèves sous le poids de trois énormes volumes de Vlnfortiat.
Sous Louis XIV, le commerce clandestin des livres se faisait sur une grande échelle, et pour mieux en favoriser l'introduction en France, on perfectionna le genre dea petits formats, faciles à dérober aux regards des argus guettant leur passage aux frontières, ou faciles à dissimuler par l<> lecteur, craignant d'être Burpris dana sa lecture, nouveau fruii défendu. La idence dea grands formata et dea formata gigan- immença; lea volumes grand in-folio furent
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- la livré* artistique des beaux ouvrages publiés depuis
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• feuille étant dune: seule pîéee. cela lait huit feuillets.
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A OH BIBLIOPHILE. —
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typographique considérable: en 1615, Jean Jannon fit _ jver un petit caractère c la petite sedanoise >.
Le premier ouvrage imprimé -ractére est un
Virgile in-32, de - il y a au— - mplaires qui portent la date de 1622 est la même édition a un titre renouvelé, comme cela se pratiquait à cette époque. Le même care ta l'ouvrage suivant :
Qu si H or a ici Flo.cci opéra omma. Sedani.
typographia et typis novissimis Joannis Jannoni. 162? pet. in- Zii. ainsi qu" à la Bible en français Se
De la même imprimer: - - rti imprimé en caract- - grecs : Ni
ex regiis aliisque optimis editionir. - cum cuna expressum. In-04 "_ iges Sedani, typographia et typis novissimis Joannis Jannoni.
is devons mentionner aussi le Seneex opuscula
«ta, Lugd. Batav.. J. Maire, sans date. in-S: le
'jelaiî. sans lieu. 1556, in-li', remarquable par la
finesse des caractères: la l _■:. c'est ainsi
qu'on appelle une petit». exécutée par ordre du duc
de Richelieu, format in-1 J. avec des caractères très
* Cf. Det impretti
"Oêcopiques, par
n
■
64 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
détrônes. Un format mixte s'interposa : l'in-quarto fut la livrée artistique des beaux ouvrages publiés depuis en France. Au xvmc siècle, le format in-4° était adopté pour les poésies en Hollande, où il est remplacé aujour- d'hui par l'in-8°. Depuis quelques années, on a essayé de presque tous les formats, mais c'est l'in-8°, auquel on revient de préférence.
A la Bibliothèque de Stuttgard, se trouve un manu- scrit d'une grandeur extraordinaire et d'une proportion telle que le vélin sur lequel il est écrit ne peut être que de peau d'âne : il est composé de 40 cahiers de quatre feuilles chacun; les deux feuillets de chaque feuille étant d'une seule pièce, cela fait huit feuillets, par conséquent 16 pages, et en tout CiO pages*.
En ce qui concerne les petits formats Cazin, nous ne pouvons mieux faire que de signaler les intéressants travaux de M. Corroënne, le bibliographe des petits formats Cazin, que nous avons publiés**.
IMPRESSIONS MICROSCOPIQUES
Les livres imprimés avec des caractères d'une finesse extrême sont un objet de curiosité qui séduit quelques
* Nous eu donnerons la description détaillée au Chapitre douzième : Des Manuscrits ci de lé Peinture des livres.
** Cf. Manuel du Casinophile. Le petit format à figures, eollec- tion parisienne in-18 (vraie collection de Cazin). Bibliographie historique, en cinq périodes triennales distinctes, indication de gravures, provenance de chaque édition des ouvrages suivant la publication de cinq séries de Catalogues de cette précieuse collection. Paris, Edouard Rouveyre, 1870, in-r>_).
Petits formate) dits C<izin. Bibliographie générale. Bulletin du Cazinophile. Années 1877, 1X78 et 1879. Période initiale du petit formai à vignettes et a figures, collection Cazin, par \. CORROi NNE. Paris, Edouard Rouveyre, 1880, in-5'2.
A UX BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 65
amateurs et, parmi les volumes que leur exiguïté a rendu fort rares ou que la singularité de leur exécution a fait rechercher, il convient de citer, — au xvie siècle : M. Tulii Ciceronis Officiorum. libri. ni Lselius seu de Amicitia liber, i Cato maior seu de Senectute. liber, i Paradoxa. liber, i Somnium Scipionis ex. vi de Re. p. Venetiis. in a?dibus Alexandri Paganini, 1515, — au xvne siècle, à Sedan, il a été créé vers 1611 une fonderie typographique considérable; en 1615, Jean Jannon fit graver un petit caractère « la petite sedanoise ».
'Le premier ouvrage imprimé avec ce caractère est un
Virgile in-52, de 1625; il y a aussi des exemplaires qui
portent la date de 1628; c'est la môme édition avec
un titre renouvelé, comme cela se pratiquait à cette
époque. Le même caractère servit à l'ouvrage suivant :
Quincti (sic) Horalii Flacci opéra omnia. Sedani, ex
typographia et typis novissimis Joannis Jannoni. 1627,
pet. in-ij2, ainsi qu'à la Bible en français. Sedan, 1653*.
De la même imprimerie est sorti imprimé en
caractères grecs : Novvm Jesv Christi Domini nostri
amenlum, ex regiis aliisque optimis editionibus
cum cuna expressum. In-64 (572 pages). Sedani, ex
typographia et typis novissimis Joannis Jannoni.
Nous devons mentionner aussi le Senecœ opuscula selecta, Lugd. Batav., J. Maire, sans date, in-8; le Rabelais, sans lieu, 1556, in-12, remarquable par la finesse des caractères; la Bible de Richelieu, c'est ainsi qu'on appelle un'- petite /////A- exécutée par ordre du duc de Richelieu, format in-12, avec des caractères très lins
• (-f. i> piqua, par Loi m Mohr. Pai is,
Edouard Rouvejn e, 1870 In-t*.
66 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
et d'une grande netteté; en voici le titre : Biblia sacra vulgatœ Editionis (minutissimis characteribus jussu ducis de Richelieu édita). Parisiis, Martin, 1656, in-12. Les mêmes caractères ont été employés aussi pour : Thomas à Kempis, De irnitalione Christi, libri IV ^minu- tissimis characteribus editi). Parmi*, Martin, in-12; et pour : Senita paradisi et pugna spiritualis demum latine redditus. Ar. D. Jod. Lorichio. Parisiis, Sebast. Martin, 1657, in-12.
Plusieurs impressions microscopiques furent exécu- tées à Amsterdam au xvir siècle. Nous citerons : Anicii Manlii Torquati Severini Boelhii de consolalione philo- ;;opltin>. libri V. Amstelodami, Apud Ioan. Ianssonium. Anno 165Ô (titre gravé à la Sphère) in-6i, 207 pp. et 8 feuillets (hauteur de la page, encadrée 60"""; lar- geur, 52mm); le Tite-Live de Daniel Elzévier, publié à Amsterdam en 1678, offre les mômes particularités.
Au xvinc siècle nous mentionnerons : Phœdri fabitlœ et Publii Syri sentent iœ. Parisiis, ex typographia Regia, IT'it), in-24, !2 feuillets, 86 pp. avec frontispice gravé parPh. Simonneau (hauteur de la composition TA lignes 62nun, reliure originale en veau rouge).
De la môme imprimerie est sorti un spécimen de caractère microscopique*, sous le titre : Epreuve du premier alphabet, droit et penché, orné de cadres et cartouches. Gravé par ordre du roi pour l'imprimerie
* En ITio. Luce, graveur <lc l'imprimerie du Louvre, grava un caractère remarquablement menu, pouvant porter ."► points l/k2 romain et italique. On peut juger des efforts que Louis Luce ;i faits dans l'art de la gravure en voyant son caractère comme la perle, le plus petit caractère qui ait jamais été gravé et fondu, et dont le modèle se trouve dans l'ouvrage
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 67
royale, par Louis Luce, et fini en 1740, 8 feuillets, format in-52 (grandeur 6 cent, sur 10 cent.). Il contient une introduction, plusieurs fables de la Fontaine et des vignettes.
Les imprimeurs de Paris et d'Orléans publièrent : M. Tulli Ciceronis Cato major ad P. Tomponium atti- cum. Lutetia, typis Josephi Barbou, 1758. In-G4, portrait d'après Rubens, gravé par Huot. — Q. Horatii Flacci poemata, scholiis sive annotât, instar commentarii illustr. à Joa. Bond. Aurelianis typis Couret de Ville- neuve, 17G7 (Jolie édition imprimée avec le caractère microscopique fondu par Fournier). — Phsedri fabulœ, l'Annaei Senecœ ac publii Syri sententiae. Aureliœ, Couret de Villeneuve. 177."), in-18.
Au commencement du xixe siècle, l'éditeur Fournier commençait la publication d'une Bibliothèque portative de voyage, format in-48. Composition de 54 lignes par page, hauteur C9mm sur 45mm. Nous donnons
ayanl pour titre : Essai 6! une nouvelle typographie (c'est-à-dire, caractères d'imprimerie), ornre de vignettes, de fleurons, etc.,
tés, dessinés et exécutée j»ir Luce, graveur du roi, commencé en 1740 et fini en 1770. Paris, Barbou, 1771, in-i. M. Didot, dans son Êpitre fur les progrès de l'imprimerie^ a critiqué les productions de Luce : ■ Parmi les caractères généralement mauvais que Luce a gravés, dit-il, et don! heureusement on
sert point ;i l'Imprimerie royale, il a pris plaisir à en faire on -i petit qu'il échappe ;'■ la vue, h il lui a donné sou nom. A l.i vérité il ;i mieux réussi dans un grand nombre de fleurons qui cependant oe seront jamais adoptés par un imprimeur qui aura véritablement du goût. •■ Vers L786, F.-A. Didot l'atné forma le projet d'une collection d'ouvrages de littérature les plus agréables, imprimée <-n un format de la grandeur d'une carte h puni- avec un caractère extrêmement lin. Cette publi- cation, i»i<-ii difficile .i exécuter et nuisible pour les yeux des lecteurs, resta à l'état de projet.
68 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
ci-après le titre de deux de ces volumes : I. Les amours pastorales de Daphnis et Chîoé. 252 pages. Paris, (1802).
II. Œuvres du Cardinal de Bernis. 184 pages. (1802). Chez J.-B. Fournier, père et fils.
Dans cette catégorie, trouve place une publication de la même grandeur : Lettres à Emile sur la mythologie, par C.-A. Demoustier, 4 volumes in-G4. Paris, chez Lemoine, 1826.
L'éditeur anglais, Pickering, a commencé en 1822 la publication d'une série de petites éditions, en différentes langues, avec des caractères très petits et pourtant très lisibles, dont les titres suivent : Cicero de officiis, de senectute et de amicitia. Londini, 1822, in-64 av. por- trait gravé. — Publius Virgilius, Maro. Londini, 1822, in-64 av. portrait gravé. — La Gerusalemme liberata di Torquato Tasso, in-Oi, 405 pp. portr. d'après Raphaël Morghen et titre gravé. Londra, 1822. — La rime del Petrarca, in-64, Londini, 1822. — Quintus lloratius Flaccus, in-64, 192 pp. avec front, gravé, 2e édit. 1824. Nouv. édition, 1826. — Publius Terenlius,Aîer, in-64av. portrait. 1822. Nouv. édit. 1825. — La divina Comedia di Dante, 2 vol. in-64 avec portrait, titre gravé, 1822.
— Cotullus, Tibullus et Propertius, in-64. London, 1824.
— Novum Testamentum grœcum, in-64, front, gravé, d'après Léonard de Vinci, 4 feuil. 512 pp. 1828. — Homère, Iliade et Odyssée. Texte grec. 2 vol. in-64, 1851 , Tom. I, 2 feuillets, 551 pp. av. portr. Tom. II, 2 feuillets 272 pp. (Execudebat Carolus Whillingham, London).
Les éditions Pickering sont recherchées; elles portent la marque des Aide « Ancre avec le Dauphin ». Tous
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 69
ces volumes, à l'exception de Y Iliade et Odyssée, sortent de la typographie C. Corrall de Londres.
Jules Didot aîné avait commencé en 1825 la publi- cation par souscription des : Œuvres complètes de Voltaire, un seul vol. in-8. Édition dédiée aux amateurs de l'art typographique (70 livraisons à 5 francs). Impression in-8°, des deux volumes avec caractères microscopiques; titre dessiné par Desenne et gravé par Tompson et portrait.
A cette publication suivirent plusieurs du même genre, de même format et caractère : Molière, œuvres com- plètes, avec des notes extraites des meilleurs commen- tateurs, par Simonin. Paris, 1825, gr. in-8° à 2 col. av. portr. — Plutarque. Hommes illustres, trad. du grec par D. Ricard. Paris, Brière, 1827. In-8° à 2 col. — Collection des classiques français : Première partie. Poésie : cont. Voltaire, J.-B. Rousseau, La Fontaine, Molière, Boileau, J. Racine, Corneille, Malherbe, L. Racine, Gresset, Regnard, Destouches, etc. , 2 feuillets, l.Vi", pages à 2 col. av. frontisp. Portraits dessinés par A. Desenne, gravés par Hopood. — Seconde partie. Prose : cont. Voltaire, La Rochefoucauld, La Bruyère, Fénelon, Massillon, Fléchier, Bossuet, Montesquieu, Pascal et Le Sage. 2 feuillets, p. 1549 à 2544, avec frontispice. Portrait dessiné par J. Bailly, gravé par A Bailly. Imprimé par Jules Didot aîné. Paris, Dufour et Cie, 1828, gr. ïn-8°. — Voltaire, œuvres poétiques Édition dédiée aux amateurs <l<^ l'art typographique, in 8 à - col. Paris, Lebigre, 1832.
Pour Les deux ouvrages microscopiques suivants, 1rs cara< tères on! été gravés par Henri l)i<l<>i : Maximes et
70 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
Réflexions morales du duc de La Rochefoucauld, in-64. Paris, 1827 (26 lignes de 44 lettres par page). — Quinti Horatii Flaccii, Opéra omnia recensuit Filon. Parisiis, 1828. Imprimerie de Henri Didot. In-G4*.
Ce sont des chefs-d'œuvre d'impression.
Quelques années plus tard, la fonderie typographique de Laurent et Deberny gravait les caractères de deux volumes microscopiques :
Fables de J. de La Fontaine. Édition miniature in-128 de 25G pages, imprimée par Pion frères, à Paris (Composition par page 50 lignes, hauteur 52mm, lar- geur 50""").
La môme fonderie a édité, en 1855, un autre volume dans un format encore plus petit : Gresset, Ver-Vert, suivi de la Chartreuse, V Abbaye et autres pièces. Édition Mignardise, 2 feuill., 1G0 p. et table (55 lignes, hauteur 58""", largeur 22"im) **. Typ. Ernest Meyer, rue de l'Abbaye, 5, à Paris.
Le caractère qui a servi à ces deux ouvrages a été gravé par Ramé et fondu par Laurent et Deberny, sur quart de onze, soit 2 points 5/4, comme le précédent,
* Le caractère qui a servi à ces deux ouvrages ainsi qu'à celui cité page 7T», De Imitatione Christi, 18.">8, a été gravé par Henri Didot et fondu par lui sur quart </<• onze }><>int.< (4 au II. style de fondeur), soit 2 points 3/4, et sur la hauteur de 4X points. Les pages, une fois composées, étaient placées dans une boîte- châssis de cuivre, dont le fond portait li points d'épaisseur: en sorte que la lettre se trouvait exhaussée à la hauteur ordinaire des caractères.
L'Horace est composé plein; le La Rochefoucauld est inter- ligné de 1 point: Y Imitai uni <>st interlignée de 1/2 point.
De cette édition minuscule, et comme caractère et comme format, M. Gustavc-Alf. Rouveyre possède un des rares exem- plaires imprimé sur papier rose.
l pea raneai, ** K»*tter le trépas.
Au baat d um certain mur attacher lr licou.
La murs. Ile, rwiif et p^, forte, S'Aranle aux premier- coup». l»oihe a»ee oa troc* Votre l*»e»prre le ramasxr. es | -mporie. Laboe b le 1..M. s en reiovrM mcl or. Saa» compter : roodr ou *ou. U sooinv- plut ai iir, Tandt* uoe l- calant a k<u>b pas m- relire. L Lotaone au tres*>r jm^, ei trouve sou arsent
Manaat. Vaoi. àat-O, uu «ostir |a perdrai relie *e ar. aae pendrai pa» E- vr*iasmt m 1er
0« de corde je attesterai.
rat ;• au acu* rat, pour lui. L.n les fr 4imi b»ea qoe l argent le luroo trotira i
>a tre-sor qu il enserre,
Poar se» parrain, om pour U terre. Bats «ae d»<e da troc <|*e la fortune nt * Ce sottt Udf Mi irait» ; elle »*et> disertit : Pin» le toar est fcirarrr, et p'u- elle est i-jO tente Cette deew inroa>lanie Se mu alors ea I e»f ni lie totr aa kunov se i-endre j
.M JVjl w r— Mlll
\MI. - LE SiNOE ET LE CHAT Bertrand ta«c flatoa.
• ■ ea p eoatl point an* ;eoi du »oisina-e : d <«tJ.*( toat : Ratoa, de »■ côte, i aiiemaf aaa soarts qu'a» frontale.
Tool eu tout est diver» ■ otei-rou* de I espni t»u aucun être ail ete compose sur le voire. L'Einpedocle de e<re M bramer se fondit : Il 'iri.ni pat plu» fou que l'antre.
XIII. - Jl PITER ET LE PASSAGER
0*1 ' fombt-n le péril enrichirait lr5 rlleox.
Si nous nous soutenions des tœui qu'il duoi f
Mjis, le peni passe. 1 on ue 6e sourient guère
On compte vruletneut ce qu'on doit a la terre Jupiter, dit l'impie, est uo t>on créancier;
Il ne se seil jamais J'huWsier.
Et 'jo'esl-ee donc que le tonnerre* Comment appclet-vou» ces atertissemenu*
l'n passager pendant l'ora*e
Lasii
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enr des Titans, éléphant»
rait pa-, rouit- Jj^uUîf Il hrâla quelques os quand il fut au rivage : Au uct de Jupit.r la fumée eu monta. S.ro Jupm. d.l-,1. pr.-nJs mon wu; le voila - C'est un paifuin de b«ruf que t.i grandeur rrs^irv. L-i fumée rai la part: j.- n« te «luis plus rien*.
Jupiter fit semblant de rire: Mais, après quoique» jour», le ilra l attrapa bien.
■sa Un i
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lieu. L'homme au i
Il trouva d.» voleurs; et. u'asaut dans sa Iniur-
Il leur promit ceul Uitcuts d'or, Hien compte», et d'un tel hesor : fil Tarait enlerrf daaaaa telle houtgade. ï 1,'endroil parut IMPtCl aux solturs; de façon L'u a ■•«!.« prometteur I un dit . »on camara.l-. Tu le tnoqu<-s de nous; meurs, et va ebet Pluton Porter tes cent laUiits en duo.
ai j*ar. aa rota da fea, no* aaaW aialues fnpca» Rexaraaieari r*tir 4>s «arroos. Le» ewr.e,-*rr était a«* rr-»-lso«oe aCalre : \~t tal—t* j roraieot doobU: oroil a faire, Leor l»f-a prêta ie'rra> al. >t pals le aial d autrui. KartraaW du a llal'^o frère, d faut aojoord bal
0a* ta faw^s aa < wop d> arullre ; Tir* lifre» arurrom. M Utea ta i<nl fait aallre Propre a lire/ narroa* da fe«.
Aaatatai '*.i -,•» dit halo*. a*ec u palte.
Ecarte oa je-o Lj aaaaaW, -' retire lit doirti Ki, lr« reporte a platarvrt foi» ;
Tara aa arurroo. mt» d*»», et mis lrv«* ea Il r~«t**i»l aVMraaHl Les rroaae.
lae w**»«» .-m: adiea Ose* cas Kaloa al paa caalaaf, ce di'.-oa.
AMat aa U sa-rt aaa U plupart a> cea ariace*
Oal. ftaue* lu paertl ei
»-ot . wbtader ea aca f
**mt t- , . .1 * -,-e '^«e I
WUi - U JULA1 ET LE KOaWGKOL-
Aaer, qo* U . roi f9mmtm I'
-r «or lot I
I :■ pttmê^mp* lac 4eaua«> I UaM pia^M au rio< inrt lr.
IV. - LE GLAM) ET LA CiTROLTLLE. f>leo fait biéni ce qu'il fait. Sans en cherener la preuve
°U hàn>l'les'7.rr«ru.lleK )' la tieure. lu rttlat,eot«, considérant
■ fiuit aal cro* •■! va nce menue : A quoi M-nceail, dn-if. Iaul.-ur de tout ccU? Il a bir., Mal pl^- r-ttr r.irouillc-la: Hi pubien' je l'auru» pen«toe
A l'un de, rben
■lÉJ
I laffan Tel Imit, tel art'n-, pour bien faire C'est d.. m m -.ce. Caro, qae ta n'es polnl e. Au routeil <le celui que proHhe ton cure ; Ton! en eut rie mieux I rar pourquoi, par Le gland. ,,u\ n'e>l pa» gros Comme mon petit I l 'iroil ? Im.'u t'aal mrprl* plat je rontemple CM fruits alaai plare*, |.lus II m mble a Garu
U».e I on a f..lt un qulpruqoo. *^-tte rrrleMun embarrassant nuire h. mrar . Oa ne dort pulnl, dii-ll, <|uan>1 i.n a faut 4'aaajrH Sous an ( hene atiksiiot il fi prendre son somme la eland locnbe le m 'lu d'iimrur m nftlM
M Irouie aaaaat I- clA"d P'11 M poHl dl mrnloa. fartai a .baii»er de lana-.it.-.
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Dira nr II pal voulu mus dont' Il eut raison;
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\ - 1 iTXLBat U PFJ'A\T, ET LE »AlTHE li I V JArtlilV
ry-rta.n e»(.nt qui srnia.l aM fftaafjBi
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.- -«- et i.ar I* BTtl
V« ui.l U> prddMa de f kler la lutul, Usrj an toitia drroaait, ce dit on.
i i ioa microscopique (Caractères mobiles).
/ ■ oV Lu Fontaine.
i roduction de l'original par la photogravure.
» m Nmm
M\ - LE OUI ET LE REUBD.
Ll trtal r( lr renard, rnomi" twaui [>fiiu *.->inli i urblMtellao,
n:itil troui-ge, Iru»,
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XM. - LE TRESOR ET LES DEl A HOMMES. In liomiti.- ■'noaN plu» ni rredil ni nOJMMLKO,
Fig. 00 6ks. — Impression microscopique (Caractères mobiles).
Fables de J. de La Fontaine.
Reproduction de l'original par la photogravure.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 73
mais sur la hauteur ordinaire des caractères de 62 points i/2. A cette époque, le corps de 11 points était une espèce d'unité de mesure typographique, comme l'est aujourd'hui le corps de 12 points.
Le La Fontaine est composé plein (il a été composé par M. J. Lecerf, alors employé dans la fonderie Laurent et Debemy et, par la suite, maître imprimeur à Rouen) ; le Gresset est interligné de 1/4 de point.
Les deux caractères qui précèdent, gravés par H. Didot et Ramé, sont la propriété de MM. Deberny et Cie. ' Le bibliographe-libraire Edwin Tross publiait, il y a quelques années, une édition : De Imitatione Christi, Libri Quatuor. Paris, 1858. Impressum typis Guiraudet et Jouaust, à Paris, avec frontispice Salvator mundi, gravé sur bois. Titre et 155 pages (38 lignes par page, hauteur -47mm, largeur 50mm).
Une impression microscopique remarquable a été faite par l'Oxford-Presse, en 1876 : The Holy Bible, containing the old and new Testaments : translatée! out of the Original Tongues and with the former translations diligently compared and revised. By His Majesly spécial command. Appointed to be read in churches. Oxford Printed at the university Press (N° 26 diamant, 2ï""j). Chaque page 2 col. de 70 lignes, hau- teur H6'"rn, largeur 55mm, et épaisseur du vol. relié I" '". Le volume pèse 95 grammes.
Parmi Les produits typographiques qui figuraient en 1878 ;i L'Exposition universelle de Paris, la section italienne comprenait une édition de La Divina
I <li Dante qui est, SOUS l<' rapport <lu formai
et du caractère typographique, un des |>Iu< petits livres h H)
74 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
du monde; il n'est guère plus grand qu'une breloque de montre, et on ne peut le lire qu'en employant la loupe.
Déjà, à une exposition antérieure, quelques journaux mentionnaient qu'une fonderie ou imprimerie de Madrid exposerait une édition complète du Don Quichotte de Cervantes, formant trois volumes de l'épaisseur de trois cahiers de papier à cigarettes; nous n'avons pu décou- vrir cette édition.
Ce cas toutefois ne s'est pas présenté pour le Dantino cité plus haut; cette œuvre lilliputienne, qui n'a que le quart de la grandeur de l'édition Diamant de Barbera, éditeur à Florence, a été éditée par G. Gnocchi, à Milan, et imprimée par MM. Salmin frères à Padoue.
Dans sa lettre imprimée*, M. Liugi Salmin réclame pour la ville de Padoue la priorité de l'impression des éditions du Dante en caractères microscopiques. M. le Dr Scartazzini a publié, à ce sujet, dans la Gazette d'Augsbourg, un travail auquel nous empruntons quel- ques détails.
« Le caractère fut gravé en 1854 par Antonio Farina, qui lui donna le nom « L'ochio di mosca ». La fonderie Corbetta, à Milan, acheta les poinçons et le sieur Gia- como Gnocchi en commanda une fonte. La composition a été recommencée à plusieurs reprises, mais aucun compositeur ni correcteur ne put résistera la fatigue; presque tous furent affectés d'une maladie des yeux après y avoir travaillé. Les caractères voyagèrent pendant plus de vingt ans, d'une imprimerie à l'autre, sans pouvoir arriver à un résultat d'exécution. Après la mort du sieur G. Gnocchi, son fils Giovanni * // Dantino. Rivcndichiamo i nostri diritti. Padova, 7 marzo 1895.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 75
reprit le projet, et fit, le 1er mars 1875, un traité avec les frères Salmin, imprimeurs à Padoue, pour l'impression de cette édition. L'impression dura cinq ans, ce qui prouve les énormes difficultés aux- quelles on se heurtait. Le sieur Giuseppe Geche s'était chargé de la composition, il s'est attiré également une maladie des yeux; le sieur Luigi Busato en fut correcteur et le sieur Luigi Baldan, l'imprimeur. Les caractères ont été anéantis après le tirage, qui a été fait à 1000 exemplaires*. »
'Comme étant la plus petite édition de Dante connue jusqu'alors, M. Scartazzini cite celle de Londres, en - volumes de 574 pages, parue en 1822-1825. Hauteur 8 centimètres: largeur 4 centimètres 1/2. Chaque page contient 52 versets. La lettre de Galilée : Galileo a madama Cristina d% Loreno, 1015, composée en carac- tères microscopiques, mesure 10 millimètres sur G,
■ En comparant entre eux les caractères microscopiques, _ ivés par Henri Didot, par Laurent et Dcberny et par Antonio l arina, on reconnaît :
1 Que l'œil <ln Dantino est l<k plus petil des trois, quant au
- I tue l'œil du La Rochefoucauld el autres est plus petit que l'œil du La Fontaine, quant au bas de casse : 3 Que les capitales -ont de la même dimension dans les trois
• 'ne l;i fonte <ln Dantino étant d'un corps pins forl que la fonte des autres livres, tandis que l'œil <l<i la lettre est plus petit, le texte paraît fortement interligné, quoique plein.
Non- négligeons, bien entendu, la question <lu format, dont l.i notice italienne sur !<• Dantino se préoccupe : !«■ format • l'un livre peut être d'une exiguïté excessive, Bans que le carat il petit.
Le principal mérite de l'exécution de ces petits caractères appartient aui graveurs, h leur travail est d'autan! mieux apprécié que !<•-. fondeurs ont mis plus de soin à la fonte -I aussi petites lettres.
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Comme étant la plus peti édition de Dante connue jusqu'alors, M. Scartazzii ite celle de Londres 2 volumes de 574 page* ic en 1822-1823. Haul 8 centimètres; largeur 4 < îiimètres I _. Chaque j contient 52 versets. La lete de Galilée : G madama Cristina di L < 1615, composé* tères microscopiques, m e 10 millimètres
* En comparant entre eu gravés par Henri Didol Farina, on reconnaît :
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76 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
contient 9 lignes et environ 95 à 100 lettres. Ainsi que le Dantino, elle a été éditée par G. Gnocchi et sort des presses des frères Salmin à Padoue.
Un ouvrage pratique rentrant, sous tous les rapports, dans la catégorie des éditions en miniature, c'est : Le vrai Dictionnaire de poche (français-anglais et anglais- français), avec les deux parties imprimées sur la môme page. De nombreux conseils de prononciation et de tableaux comparatifs des mesures et des monnaies, par John Bellows (de Glocesler). Revu et corrigé par Aug. et Alex. Beljame et John Sibree. Printed by John Bellows, steam Press, Gloucester, from types eut specially for the work by Miller et Richard, type- founders to the Oueen, Edinburgh, 1875. 6 feuilles, xvi et 548 pp.
Imprimé à 2 colonnes avec encadrement rouge; hauteur de la composition, 99 millimètres, largeur 59 millimètres. L'impression de cette édition a duré huit ans ; une nouvelle édition vient de paraître dans un format un peu agrandi et dans laquelle on a espacé un peu la composition, les pages sont presque de 1 centi- mètre plus hautes et de 5 millimètres plus larges.
La photogravure donne aujourd'hui le moyen d'agrandir ou de réduire à volonté les caractères; de sorte qu'on peut obtenir, par ce moyen, des éditions microscopiques du type le plus menu qu'il soit possible. Pendant l'Exposition de 1889, à Paris, M. G. Motteroz a imprimé, à la machine, deux Guides Conti en format in-64. L'un d'eux, Paris-Diamant, est une composition typographique en A et en 5, avec quelques pages de photogravure; l'autre, Y Exposition en miniature, est
A ON BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 77
la réduction, toute en photogravure, d'un volume in-18 carré en in-64 raisin. Sans doute un livre obtenu par ce procédé mécanique n'aura jamais la valeur d'une composition typographique originale, qui se recom- mande par la difficulté vaincue; mais il lui faut reconnaître un mérite, bien précieux à notre époque, celui d'être accessible à toutes les bourses.
En Angleterre, outre les éditions de Pickering que nous avons citées précédemment, on a aussi publié des éditions de la Bible et de quelques auteurs classiques en caractères extrêmement fins. La plus ancienne édition des Primer or Prymer, en petits caractères, est celle que cite Lowndes sous ce titre : The Prymer of Salysbury use, Paris, 1490, in-64, with the fifteen Oo's and other prayers in english *.
Quelques Bibles anglaises, in-24 et in-52, exécutées avec des types très fins et très nets, sont mention- nées par J.-Ch. Brunet dans son Manuel du libraire.
Ajoutons que, pour la Grande-Bretagne, le Shakes- peare a été le prototype des Éditions Diamant et Microscopiques.
Le plus petit journal du monde est le Little Sttni- dard,de Torquay (Angleterre). Il mesure 75 millimètres «le large sur un peu moins de hauteur. Il est écrit, imprimé, par M. II. Tockelt, sous les auspices du Dexon
' < .f Lowndes (W. T.). - The Bibliographers' Manual <>(* English Literature, containing an account of rare, curious, and useful books, publisbed in, or relating to, Greal Britain and Ireland, nroni the invention of printing; witb bibliographical .ni "I critical notices, collations "i Ui«- rarer articles, and 1 1 1 * * |>ric<is .ii v.iii< h they bave been Bold. New édition, with an appendix relating t" the books "i literary and Bcientiflc societies by II. *.. Bonn. London 13 parts m 6 \<»is. s\<».
78 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
County Standard, dont il est l'abrégé. On ne peut le lire qu'à la loupe*.
Après nous être occupé des impressions micros- copiques, nous allons donner quelques notes sur la micrographie.
MICROGRAPHIE ANCIENNE ET MODERNE
Claude Elien parle d'un homme qui, après avoir écrit un distique en lettres d'or, pouvait le renfermer dans l'écorce d'un grain de blé. Un autre calligraphe traçait des vers d'Homère sur un grain de millet. Cicéron, dit Pline, rapporte avoir vu Y Iliade d'Homère écrite sur parchemin et pouvant se renfermer dans une coquille de noix. « In nuce inclusam Iliada Homeri carmen, in membrana scriptum, tradit Cicero**. » Ce dernier fait a trouvé bien des incrédules parmi les modernes, malgré une expérience que fit un jour le savant Huet devant le dauphin et sa cour, auxquels il démontra qu'un morceau de vélin, assez mince, de 27 centimètres de haut sur 21 et demi de large, pouvait des deux côtés contenir environ 15000 vers et se renfermer facilement dans une coquille de noix de moyenne grandeur. Il suffit d'admettre, ce que certainement personne ne songera à contester, que l'on puisse donner à l'écriture le même
* On pourra, sur les éditions on petits caractères, consulter la très documenter Bibliographie des éditions microscopiques, par Ch. Nauroy, Paris, Charavay frères, petit in-12. Tiré à 218 exemplaires.
** Cf. Histoire naturelle, § xxi, livre VII. où Pline traite des phénomènes incroyables de la vue
A ON BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 79
degré de finesse qu'aux plus petits caractères d'impri- merie. Or, Y Iliade se compose de 15 210 vers, et chaque vers d'environ 55 lettres: ce qui donne un total de 501950 lettres : si on prend un carré de papier de 455 millimètres de côté, c'est-à-dire de 189 225 millimètres carrés, le verso et le recto en contiendront le double, soit 578 450. On trouvera par un calcul très simple que cette superficie est plus que suffisante pour renfer- mer Y Iliade entière ; et rien n'est plus facile que de faire tenir un papier de pareille dimension dans une de ces noix où, il y a quelques années, les femmes mettaient leurs gants de bal. Il est bien entendu qu'il n'est pas nécessaire de faire le moindre usage d'abréviations.
Les calligraphes des temps modernes et les micro- graphes contemporains ne sont point inférieurs à ceux de l'antiquité.
On a montré, et l'on montre probablement encore aujourd'hui, au collège Saint-Jean à Oxford, un croquis de la tôte de Charles Ier composé de caractères d'écri- ture qui, vus à une très petite distance, ressemblent à des effets de burin: les traits de la figure et de la fraise contiennent les Psa urnes, le Credo et le Pater.
Au British Muséum à Londres, il y a un dessin de la largeur de la main représentant le portrait de la reine Anne : des lignes d'écriture sont tracées sur ce dessin, et 'haque fois qu'on le montre on a soin de faire voir en même temps un fort volume in-folio dont il renferme exactement Le contenu.
l'ai vu. dit Ménage, des ligures et des portraits au naturel, faits de cette manière, comme celui de feu madame la Dauphine, tirée sur un char, couronnée
80 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
par une Victoire. Il y avait aussi d'autres figures hié- roglyphiques qui avaient rapport à madame et à monseigneur. Tout cela formait un tableau en carré d'un pied et demi ; et ce qui paraissait être fait de traits et de linéaments ordinaires, ne l'était que de petites lettres majuscules d'une délicatesse si surprenante, qu'il n'y avait point de taille-douce qui fût plus belle, et dans les figures et dans le visage même de madame la Dauphine, qui était très ressemblant. Enfin, toutes ces lettres composaient un poème italien de plusieurs milliers de vers à la louange de cette princesse. L'auteur était un officier du nonce, le cardinal Ranucci. »
On cite un grand nombre de dessins de ce genre. Tels sont le portrait du général Kœnigsmark, portrait renfermant en latin la vie de ce guerrier, et le Christ, de Pozzo, où on lit la Passion selon saint Jean.
P. Baies, célèbre calligraphe anglais, présenta en 1575, à la reine Elisabeth, une bague dont le chaton, de la grandeur d'un demi-sou anglais, contenait écrits d'une manière très lisible le Pater, le Credo, les dix Commandements, deux courtes prières latines, son nom, une devise, le jour du mois, l'année de Jésus- Christ et celle du règne d'Elisabeth.
Il existe à la Bibliothèque impériale de Vienne un feuillet manuscrit d'environ 58 centimètres de hauteur sur 44 centimètres de largeur, qui contient sur un seul côté cinq livres de l'Ancien Testament, savoir : Rutli, en allemand ; YEcclésiaste, en hébreu ; le Cantique des Cantiques, en latin; Esther, en syriaque, et le Deutéronome, en français.
Parmi les manuscrits orientaux d'une valeur inesti-
A ON BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 81
niable, qui sont à la Bibliothèque Nationale, se trouve un Coran en écriture microscopique du xvue siècle.
Il y a quelques années (en 1892), le journal L'Éclair institua un concours micrographique*.
« La plupart des envois, lit-on dans ce journal, sont des cartes postales couvertes. On a choisi d'ordinaire ce format — quoique toute latitude fût laissée aux concur- rents — parce que tout le monde sait quelle est la grandeur d'une carte postale. Mais à l'exécution, beaucoup furent arrêtés par la nature du papier, qui met au -bout des fines plumes de désagréables fils. Certains, cependant, sont parvenus à vaincre cette difficulté, sans que leur écriture — qui semble à une courte distance un délicat semis brun sur fond chamois — en soit en quoi que ce soit altérée.
« Des paresseux ont eu l'ingénieuse idée de couvrir un fragment de la carte et de faire cette petite règle de proportion : Etant donné que j'ai mis tant de lettres sur une surface de tant, j'en eusse mis tant sur la surface totale. Ce n'était pas de la micrographie, c'était de l'arithmétique : le jury l'a pensé ainsi, et il a écarté ces :imens un peu subtils. On se demandera comment Le jury a pu procéder pour rechercher le vainqueur d'un concours où la palme revenait à celui qui écrirait le plus fin. 11 B'est servi d'instruments d'une grande précision, que la maison Mirand fils a mis gracieu- semenl à sa disposil i<>u.
« Voyons Le concours des principaux Lauréats. La
devons à l'obligeance de M. Guillaume Sabatier, Direc- teur de L'Éclair, l'autorisation de présenter à nos lecteurs cinq g micrographiques choisies parmi celles que la photogra- vure pouvait reproduire aussi bien qu'il était possible.
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82 CONNAISSANCES NECESSAIRES
grande médaille d'or est échue à M. Caille (de Paris). Sur une surface plus restreinte que celle d'une carte postale, il a fait tenir, respectant son « œil », sa forme typographique, les deux pages de VËclair (fig. 9C2), avec le portrait, et, comme la matière de ces deux pages ne lui suffisait pas pour couvrir ce territoire minuscule, il a emprunté du texte à la troisième page. Ce travail est d'une netteté irréprochable ; malgré son extrême finesse, il se lit à l'œil nu. C'est l'une des tentatives les plus originales et les plus charmantes que le concours ait inspirées. Six médailles de vermeil ont été distri- buées. Les titulaires sont d'abord M. Carabeuf (de Brest). Sur 4 parallélogrammes de 5 centimètres 1/2 sur 9, il a reproduit la délicieuse nouvelle d'About : les Jumeaux de V Hôtel Corneille, et une biographie du conteur, soit 16 258 mots et 71 T>00 lettres.
a Mme Camille Chibrac (de Paris) a envoyé une superbe carte postale; M. Gavois (de Paris) a imité, avec des encres variées, un émail de Limoges. Les lettres, par le plus ou moins de leurs pleins et déliés, forment le modelé d'une gracieuse figurine. Dans la circonférence d'une pièce de cent sous, M. Carapin a fait tenir 8 494 lettres et exécuté aux deux encres dans la perfection un calendrier grand comme le pouce, avec ses douze mois, ses saints, ses quanlièmes, ses chan- gements de lune.
« Voici une belle page irréprochable : elle a le format d'une carte postale. Savez-vous ce qu'on y peut lire? Le roman de François Coppée : Henriette, soit un volume de 195 pages comportant 19029 mots... (fig. 93). M. Albert Gallois, sur une carte postale a fait tenir
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A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 85
53 pages in-18 jésus extraites des œuvres de Bufîon, qui représentent 19 500 mots— ce qui revient à dire que la moyenne en lettres, par millimètre carré, est de six lettres un dixième....
« On n'avait pas assigné aux concurrents une formule et une copie uniformes pour leur permettre précisément la plus libre fantaisie. Il a semblé que dans une expérience de ce genre l'imprévu avait son charme. On lui doit des travaux ravissants qui sont surtout des petites merveilles dégoût, comme l'envoi de M. Senne, dé Bordeaux, ou de cet autre qui a fait tenir dans une pièce de deux sous 60 proverbes et maximes sur la vanité des biens de ce monde.
« Un concurrent des plus heureux est M. Batteault, de Bondy, qui dans un parallélogramme de 18 milli- mètres sur 9 millimètres a fait tenir le Credo, le Pater et une foule d'explications, « car il avait de la place de reste ».
« Les idées cocasses foisonnent, mais l'étendue nous manque pour en parler comme nous le voudrions. Les concurrents ne savaient sur quoi écrire pour attester une originalité tranchée. On reçut alors des œufs sur lesquels on peut lire, par exemple, l'histoire du navi- gateur qui découvrit l'Amérique, — l'œuf de Colomb, quoil des aoyaux de pêche qui racontent des légendes; des noyaux de cerise presque aussi lettrés. Et si le moindre grain de nul faisait mieux votre affaire, vous n'auriez plus ik-ii ;i souhaiter, car il y en a, à ce concours, à revendre, qui sont savants comme <!<•- livres. Si. p.'uïoi-. !'■- concurrents écrivenl sur les noyaux, oVautres fois ils insérenl <l<'<l.-ms «les banderolles —
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A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 85
55 pages in-18 jésus extraites des œuvres de Buffon, qui représentent 19 500 mots — ce qui revient à dire que la moyenne en lettres, par millimètre carré, est de six lettres un dixième....
« On n'avait pas assigné aux concurrents une formule et une copie uniformes pour leur permettre précisément la plus libre fantaisie. Il a semblé que dans une expérience de ce genre l'imprévu avait son charme. On lui doit des travaux ravissants qui sont surtout des petites merveilles dégoût, comme l'envoi de M. Senne, dé Bordeaux, ou de cet autre qui a fait tenir dans une pièce de deux sous 60 proverbes et maximes sur la vanité des biens de ce monde.
« Un concurrent des plus heureux est M. Batteault, de Bondy, qui dans un parallélogramme de 18 milli- mètres sur 9 millimètres a fait tenir le Credo, le Pater et une foule d'explications, « car il avait de la place de reste ».
« Les idées cocasses foisonnent, mais l'étendue nous manque pour en parler comme nous le voudrions. Les concurrents ne savaient sur quoi écrire pour attester une originalité tranchée. On reçut alors des œufs sur lesquels on peut lire, par exemple, l'histoire du navi- gateur qui découvrit L'Amérique, — l'œuf de Colomb, quoil des noyaux de pèche qui racontent des légendes; des noyaux de cerise presque aussi lettrés. Et si le moindre grain de mil faisait mieux votre affaire, vous n'auriez plus rien à souhaiter, car il yen a, à ce concours, .i revendre, qui sonl savants comme des livres. Si, parfois, les concurrents écrivent sur les i m » \ «* 1 1 1 x , oVautres fois il- insèrenl dedans des banderolles —
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86 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
ainsi en sept grains de millet étaient les sept eonplets de la Marseillaise. « Permettez-moi, nous dit un concur- rent, de vous adresser copie des articles ci-après : un de Mme Séverine, un de Tolstoï, deux politiques, cinq hommes et une femme du jour; les noms de tous les sénateurs et députés. » Et il ajoute : « Toute cette copie, «71 088 lettres, est renfermée dans une petite noisette des bois. » Un des concurrents s'est dit qu'il était banal d'écrire sur le champ du papier: savez-vous ce qu'il a fait? Il a écrit sur la tranche. » Et, comble des combles: case lit! Mais le vertige vous vient comme il est venu au jury. A certain moment, les têtes des membres qui le composaient menaçaient de se révolter. Ce fut alors que sur une toute petite enveloppe, tombée de Lilliput, on trouva... quoi? Une aile de mouche, sur laquelle un patient micrographe avait tracé quelques mots de bienvenue! Ils ont mérité, ceux-là, convenez- en, les très belles médailles d'or, de vermeil, d'argent, de bronze, et les superbes diplômes que l'Eclair leur a largement distribués. Les médailles sont aussi des bijoux; elles pourront se porter à la chaîne de montre. Elles seront pour leurs glorieux possesseurs un témoi- gnage de goût, d'application et de patience. »
Le choix des formats, leur convenance, leur mise en harmonie avec l'ouvrage que le volume renferme, ont été judicieusement remarqués par Berlioud-Mermet *.
« De quoi ne s'est-on pas avisé, écrivait-il, pour faire du nouveau, du merveilleux, et pour exciter la curiosité
* De la Bibliomanie. A la Haye, M.DCC.LXI, in-12.
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ig. 95. — Surface d'une cuir postale. 8514 mois, extraits des Misérables, de Victor Hugo. Moyenne par centimètre carré : 68 mots 2/3.
cre employée par le micrographe étant 1res pâle à de certains endroits, notre7reproduclion se ressent de ce défaut dans l'original.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 89
publique? On a imaginé d'employer à l'impression de quelques livres choisis des caractères si menus que leur aspect offense les yeux, et qu'on ne sauroit les lire longtemps sans risquer de perdre la vue : caractères si délicats qu'ils ne peuvent soutenir l'effort de la presse. Par cette raison, les éditions ont été réduites à un petit nombre d'exemplaires devenus rares et chers*.
« Le goût des extrêmes s'est jeté du petit au grand **. On imprime en plusieurs tomes in-folio des livres que nous avions vu de tout temps sous la forme d'un seul volume in-12 ou in-2-i. L'Imitation de Jésus-Christ, imprimée au Louvre en grand format et en gros caractères, est une pure curiosité de cabinet. Je ne
* Phœdri Fabulœ et Pub. Syrii Sententix. Parisiis, e Typogra- phia Regia, 1729. in-52. Quint. Horatii Flac. opéra. E. Typ. Reg., 17". in-32. M. Tul. Ciceronis de Amicitia dialogus. Parisiis, Bauche, 1750, in-52. M. Tul. Ciceronis Cato major, Parisiis, Barbou, 1758, in-32.
** Cf. /.'- (ivre et la petite bibliothèque d'amateur, par Gustave Moup.avit. Paris, Auguste Aubry, 1809, in-12. « Il serait curieux de suivre, 'lui- les variations du format des livres, les change- ments et le caractère du goût du public bibliophile à diverses époques: voilà matière à un chapitre neuf et instructif sur ['amour de- livre-. On y verrai! le petit in-octavo, plein de cette légance qu'aime l'étude sérieuse, régner, sous l'inspi- ration des Aide el des ( îryphe, durant le xvie siècle; puis, lorsque la passion cherche dans l'exiguïté du volume la possibilité de multiplier ses richesses, les petits formats épuiser, au profit d'un amour encore sincère, toutes ces séductions de la coquetterie el de la grâce dont, le tvit siècle vil les Efzevier Assurer le triomphe. Le wm siècle, frivole et blasé, laissa nonchalamment tramer sur ses meubles l'in-douze agrandi et alourdi, trop me-, juin pour figurer avec honneur dans une biblio- thèque] trop disgracieux el incommode pour être un compagnon assidu el le favori de l'intimité : piètre produit, dont les tranches rouges el la livrée uniforme inspirent l'ennui et le dégoût qui semblent avoir présidé à son Invention. ■
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90 CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
crois pas que personne fasse sa lecture de piété dans un livre si monstrueusement grossi, et qui, pour la commodité des lecteurs, devoit rester dans le rang des petits manuels. Le recueil des fables de La Fontaine, destiné à être mis entre les mains de la jeunesse, n'a- vait d'abord paru qu'en un volume de petit format; mais l'amour de la singularité et de la magnificence en a fait exécuter une nouvelle édition de l'étendue de quatre grands volumes in-folio, où l'art a si curieuse ment travaillé que l'acquisition en est interdite à beau- coup de gens. Le mérite de cet ouvrage étoit trop connu ; cette métamorphose gigantesque n'a rien ajouté à la réputation de l'auteur, ni à l'estime que ses écrits lui ont justement acquise.
Fig. 96. — Micrographie. La Marseillaise.
(GRANDEUR DE L'OMGINAL.)
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Fig. 97. — Exemple de Folio (xve siècle) tiré du Liber Missalis. In civitate Babenbergensi impressus, 1481.
DU COLLATIONNEMENT DES LIVRES
DE LA MANIÈRE DE PROCÉDER A CETTE OPÉRATION
SES DIFFICULTÉS — SES RÉSULTATS
Les libraires et les bibliophiles se rendent quel- quefois acquéreurs d'un ouvrage dont certaines pages sont transposées, les cahiers ne se trouvent plus à leur place, c'est-à-dire que pour un in-4°, les périodes de 8 pages ne concordent plus, après la page 8 on se trouve en présence de la page chiffrée M au lieu de la page 9; dans l'in-80, si la feuille est en un seul cahier, cea faits se reproduisenl avec une périodicité de 16 pages. Comment pareille chose peut-elle se pro- duire?toul simplement par une distraction de l'ouvrier brocheur. An moment de l'assemblage, ayant 1rs feuilles étalées les unes à côté des autres, par paquets égaux .•m nombre de feuilles devant former un volume, il
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le relieur: il importe que ce travail soit bieu tait, qu'il ne manque ni planches, ni tables à un volume, que les titres soient bien ceux du livre, que tous les fascicules d'un ouvrage s'y trouvent. Généralement, le relieur procède deux fois au collât ionnement des ouvrages, d'abord lorsqu'il les découd et en second lieu lorsque les cahiers ont été battus, les planches mises à leurs places et le livre prêt à être cousu.
En ce qui concerne les livres anciens, le libraire doit les collationner; non seulement, afin de pouvoir garantir leur état complet, mais encore pour être cer- tain qu'ils sont en bon état *.
Par la collation on s'assure que l'ouvrage est com- plet, et qu'il n'a ni transposition, ni taches, ni piqûres de vers, ni déchirures, enfin qu'il n'y existe aucune
de religion dans le \\r siècle tant on Franco qu'on Belgique et on Hollande, in fol. oblong, se compose do plus ou moins d'estampes. Ce recueil doit être de 580 planches, el les numéros d'ordre do 1 à 380 que portent les estampes indiquent un tirage inférieur, taudis que dans les exemplaires du premier tirage, qui a oto publié par séries, les numéros recommencent plu- sieurs fois comme pour ilos publications séparées
1 in livre esl on mauvais étal : l" lorsque le titre ou quelques Feuillets manquent; 2° lorsqu'un feuillet est en partie déchiré, de manière qu'une portion de l'impression, quelque légère qu'elle soit, ait été emportée; 3° lorsqu'il a été tellement rogné que le texte est endommagé; 1° lorsqu'il est piqué de vers, surtout dans le texte; à1 lorsqu'il b'j trouve des taches d'huile, (\e graisse, de tabac, etc. ; 6* lorsqu'il est mouillé ou attaqué de moisissure; " s'il j a une transposition dans les cahiers, quoique rien ne manque, parce qu'on esl obligé de sacrifier la reliure pour la rétablir, ce qui diminue la grandeur orsque dans un exemplaire en grand papier, on trouve quelques feuillets on petit papier, ou bien un cahier de papier ordinaire; 9° l<>r>quo los notes marginales et les soulignures, ^<>it au cragpn, Boit à l'encre, ont oie atteintes par !•• couteau du relieur.
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suffit que la personne chargée de ce travail oublie un paquet et prenne deux feuilles sur le paquet suivant; il en résultera qu'un exemplaire aura deux fois la même feuille et sera incomplet d'une autre. Pour les ouvrages récents, l'erreur est réparable ; l'acquéreur n'aura qu'à faire demander par son libraire la feuille manquante (en spécifiant bien la signature ou les pages extrêmes), et quelques jours après il recevra le défet, ainsi s'ap- pelle toute feuille remplacée après coup.
En parcourant un exemplaire, en le vérifiant et en constatant qu'il y manquait des pages, l'amateur ou le libraire auront simplement collationné ce livre, dans le sens le plus large du mot*. Ainsi donc, le collation- nement consiste à vérifier un ouvrage pour savoir s'il est absolument complet et en bon état de propreté. Il doit être examiné cahier par cahier, feuille par feuille et môme page par page. On s'assurera si les cahiers suivent bien l'ordre des signatures, si les planches, lorsque l'ouvrage doit en avoir, ne manquent pas, sont en bon état de tirage et bien à leur place**.
Cette opération est d'une importance plus grande pour
* L'Harmonie étymologique des langues, où se démonstre évi- demment, par plusieurs antiquitez curieusement recherchées, que toutes les langues sont descendues de l'hébraïque, par Estienne Guichart, Paris, 1618, petit in-8, est un livre curieux et raie, offrant une particularité assez singulière dans sa pagi- nation, qui saute sans motif et sans qu'il manque rien à l'ouvrage, <1<* la page 480 à la page 600.
Dans l'édition du Traité de la Peinture, par Léonard de Vinci, Paris, P. -F. Giffart, 1716, in-12, on remarque, entre la page vin et la page xi\',une lacune qui ne peut être qu'une im- perfection de l'édition; car elle existe dans tous les exemplaires, du moins dans tous ceux que nous avons collationnés.
** Un volume fort rare: (lent cinquante-sept estampes repré- sentant les troubles et massacres occasionnés par les guerres
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE TROISIÈME. 93
le relieur; il importe que ce travail soit bien fait, qu'il ne manque ni planches, ni tables à un volume, que les titres soient bien ceux du livre, que tous les fascicules d'un ouvrage s'y trouvent. Généralement, le relieur procède deux fois au collationnement des ouvrages, d'abord lorsqu'il les découd et en second lieu lorsque les cahiers ont été battus, les planches mises à leurs places et le livre prêt à être cousu.
En ce qui concerne les livres anciens, le libraire doit les collationner; non seulement afin de pouvoir garantir leur état complet, mais encore pour être cer- tain qu'ils sont en bon état *.
Par la collation on s'assure que l'ouvrage est com- plet, et qu'il n'a ni transposition, ni taches, ni piqûres de vers, ni déchirures, enfin qu'il n'y existe aucune
de religion dans le xvie siècle tant en France qu'en Belgique et t-n Hollande, in-fol. oblong, se compose de plus ou moins d'estampes. Ce recueil doit être de 380 planches, et les numéros d'ordre de 1 à 580 que portent les estampes indiquent un tirage inférieur, tandis que dans les exemplaires du premier tirage, qui a été publié par séries, les numéros recommencent plu- sieurs fois comme pour des publications séparées.
* Un livre est en mauvais état : 1° lorsque le titre ou quelques feuillets manquent; 2° lorsqu'un feuillet est en partie déchiré, de manière qu'une portion de l'impression, quelque ■ qu'elle soit, .-iii été emportée; 3° Lorsqu'il a été tellement rogné m1"' ''' texte esl endommagé; ■'«•" lorsqu'il est piqué de vers, surtout dans le texte; 5 lorsqu'il s'y trouve des taches d'huile, de graisse, de tabac, etc.; ft* Lorsqu'il est mouillé <>u attaqué de moisissui il y a une transposition dans les
cahiers, quoique ii *• r i ne manque, parce qu'on est obligé de sacrifier la reliure pour la rétablir, ce qui diminue la grandeur marges; v lorsque dans un exemplaire en grand papier, on trouve quelques feuillets en petil papier, ou bien un cahier de papier ordinaire; '•'- lorsque Les notes marginales el Les soulignures, soit au crajpn, soit à l'encre] onl été atteintes par le couteau du relieur.
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Parmi les différentes manières de collationner un livre, la plus usitée est celle qui se fait par le moyen des signatures et des chiffres de pagination**. Mais pour éviter toute méprise, surtout en ce qui concerne les livres anciens, on doit consulter la réclame***.
Pour ce genre de collationnement, on le fait plus commodément en mettant le livre à plat sur une table,
• Les Soupes drolatujves de Pautagrvel, ou sont contenues plusieurs figures de l'inuention de maistre François Rabelais, et dernière œuurc d'iceluy, pour la récréation des bons esprits. A Paris, par Richard Breton, m.o.lxv, pet. in-8, est fort difficile à trouver complet. Ce petit volume a des signatures de A à G par S. La signature G est double; mais dans l'exemplaire de la Bibliothèque nationale, ce dernier cahier n'a que 7 feuillets, ce qui réduit le nombre des planches à 118 au lieu de 1*20 que contiennent les exemplaires complets. Ces planches grotesques gravées sur bois sont imprimées des deux côté- des feuillets, et sans texte. Les trois premiers feuillets sont occupés par le titre et par l'épitre Au lecteur salut. Rabelais, dont ce livre porte le nom, n'y a aucune part, mais ses ouvrages en ont donné l'idée.
** Selon La Serna Santander, les chiffres de pagination ne datent que de 1471, puisqu'ils se voient pour la première fois, disait-il. dans le Liber de rcmediis utriusque fortuuœ (non pas celui de Pétrarque, mais celui d'Adrien le Chartreux). Colonise, Arn. Thcrlwernen, 1471, die octava Februari, in-4°. Malgré cette assertion, cet ouvrage n'a plus l'autorité pour les chiffres puis- qu'on en a trouvé un autre du même imprimeur, également chiffré et publié à Cologne en 1470, intitulé Sermo prsedicabilis in festo prxscntationis beatissimx Marix, Per inipressionem mul- tiplicatus, sub hoc currente armo M°CCCC° LXX°, petit in-4° com- posé de lk2 feuillets et de 27 lignes à la page.
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